Divisibilité et congruences Cours

Divisibilité et congruences

Durée estimée
20 minutes
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Objectifs du chapitre

1. Divisibilité dans $\mathbb{Z}$

Définition

Soient $a$ et $b$ deux entiers relatifs. On dit que $b$ divise $a$ s'il existe un entier relatif $k$ tel que $a = bk$.

On dit alors que :

  • $b$ est un diviseur de $a$ ;
  • $a$ est un multiple de $b$.

Cela se note $b \mid a$.

Exemple

$15 = 3 \times 5$ donc $3$ divise $15$ : $3$ est un diviseur de $15$ et $15$ est un multiple de $3$.

Remarque

  • $0$ est un multiple de tout entier relatif.
  • $1$ et $-1$ sont des diviseurs de tout entier relatif.
  • $a$ et $-a$ ont les mêmes diviseurs.

Propriétés de la divisibilité

Soient $a$, $b$ et $c$ trois entiers relatifs.

  • Si $a$ divise $b$ et $b$ divise $a$, alors $a$ et $b$ sont égaux ou opposés.
  • Si $a$ divise $b$ et $b$ divise $c$, alors $a$ divise $c$ (transitivité).
  • Si $c$ divise $a$ et $c$ divise $b$, alors $c$ divise toute combinaison linéaire de $a$ et $b$, c'est-à-dire tout nombre de la forme $au + bv$ avec $u \in \mathbb{Z}$ et $v \in \mathbb{Z}$.

Exemple

$7$ divise $21$ et $7$ divise $35$. Donc $7$ divise $3 \times 21 - 2 \times 35 = 63 - 70 = -7$, ce qui est bien le cas.

2. Division euclidienne dans $\mathbb{Z}$

Division euclidienne dans $\mathbb{Z}$

Soient $a$ et $b$ deux entiers relatifs avec $b \neq 0$.

Il existe un unique couple d'entiers relatifs $(q, r)$ tel que :

$ a = bq + r \quad \text{et} \quad 0 \leqslant r < |b| $

$q$ s'appelle le quotient et $r$ le reste de la division euclidienne de $a$ par $b$.

Exemple

$-14 = 3 \times (-5) + 1$ et $0 \leqslant 1 < 3$.

La division euclidienne de $-14$ par $3$ donne donc un quotient égal à $-5$ et un reste égal à $1$.

Remarque

  • Attention ! La condition $0 \leqslant r < |b|$ est essentielle. La seule égalité $a = bq + r$ ne suffit pas à prouver que $q$ et $r$ sont les quotient et reste de la division euclidienne de $a$ par $b$.
  • $a$ est divisible par $b$ si et seulement si le reste de la division euclidienne de $a$ par $b$ est égal à zéro.

3. Congruences modulo $n$

Définition

Soit $n$ un entier naturel non nul. On dit que deux entiers relatifs $a$ et $b$ sont congrus modulo $n$ et l'on écrit

$ a \equiv b \ \left[n\right] $

si et seulement si $a$ et $b$ ont le même reste dans la division euclidienne par $n$.

Exemple

$18 \equiv 23 \ \left[5\right]$ car $18$ et $23$ ont tous les deux $3$ comme reste dans la division euclidienne par $5$.

Caractérisation par la divisibilité

  • $a \equiv b \ \left[n\right]$ si et seulement si $n$ divise $a - b$.
  • En particulier, $a \equiv 0 \ \left[n\right]$ si et seulement si $n$ divise $a$.
  • Si $a \equiv b \ \left[n\right]$ et $b \equiv c \ \left[n\right]$, alors $a \equiv c \ \left[n\right]$ (transitivité).

Congruences et opérations

Soient quatre entiers relatifs $a$, $b$, $c$, $d$ tels que $a \equiv b \ \left[n\right]$ et $c \equiv d \ \left[n\right]$. Alors :

  • $a + c \equiv b + d \ \left[n\right]$ et $a - c \equiv b - d \ \left[n\right]$ ;
  • $ac \equiv bd \ \left[n\right]$ ;
  • $ka \equiv kb \ \left[n\right]$ pour tout entier relatif $k$ ;
  • $a^{m} \equiv b^{m} \ \left[n\right]$ pour tout entier naturel $m$.

Caractérisation du reste par les congruences

$r$ est le reste de la division euclidienne de $a$ par $b$ (avec $b > 0$) si et seulement si :

$ \left\{ \begin{matrix} a \equiv r \ \left[b\right] \\ 0 \leqslant r < b \end{matrix}\right. $

Exemple

On cherche le reste de la division euclidienne de $2009^{2009}$ par $5$.

$2009 \equiv -1 \ \left[5\right]$ car $2009 - (-1) = 2010$ est divisible par $5$.

Donc $2009^{2009} \equiv (-1)^{2009} \ \left[5\right]$, c'est-à-dire $2009^{2009} \equiv -1 \ \left[5\right]$.

Or $-1 \equiv 4 \ \left[5\right]$ donc $2009^{2009} \equiv 4 \ \left[5\right]$.

Comme $0 \leqslant 4 < 5$, le reste de la division euclidienne de $2009^{2009}$ par $5$ est $\mathbf{4}$.

Les questions essentielles

1. Comment effectuer une division euclidienne dans $\mathbb{Z}$ quand le dividende est négatif ?

On part de la division usuelle de la valeur absolue, puis on ajuste le quotient et le reste pour que la condition $0 \leqslant r < |b|$ soit respectée.

Voir la fiche méthode : Effectuer une division euclidienne dans Z

2. Comment démontrer qu'un entier en divise un autre ?

On exprime le nombre cible comme une combinaison linéaire de deux multiples connus du diviseur, en s'appuyant sur la propriété : si $c \mid a$ et $c \mid b$, alors $c \mid au + bv$.

Voir la fiche méthode : Démontrer une divisibilité à l'aide de combinaisons linéaires

3. Comment démontrer qu'une expression est divisible par un entier $p$ pour tout entier $n$ ?

On raisonne par disjonction selon les $p$ valeurs possibles de $n$ modulo $p$ et on vérifie que l'expression est bien congrue à $0$ dans chaque cas.

Voir la fiche méthode : Démontrer une divisibilité par disjonction des cas modulo $n$

4. Comment démontrer une divisibilité contenant une puissance $a^n$ ?

Lorsque l'expression contient une puissance ou une factorielle, on rédige une démonstration par récurrence : initialisation au premier rang, hérédité en substituant l'hypothèse de récurrence dans le terme dominant.

Voir la fiche méthode : Démontrer une propriété de divisibilité par récurrence

5. Comment trouver le reste de la division d'une grande puissance par les congruences ?

On cherche un représentant simple ($\pm 1$, $\pm 2$…) de la base modulo $n$, puis on élève à la puissance demandée et on ramène le résultat dans $[0, n[$.

Voir la fiche méthode : Calculer un reste à l'aide de congruences

6. Comment résoudre une congruence linéaire $ax \equiv b \ \left[n\right]$ ?

On teste les valeurs de $x$ parmi les restes possibles modulo $n$, ou l'on simplifie la congruence à l'aide d'un inverse de $a$ modulo $n$ lorsqu'il existe.

Voir la fiche méthode : Résoudre une congruence linéaire ax = b [n]