Graphes Méthode

Appliquer le théorème d’Euler à un graphe

Durée estimée
10 minutes
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Méthode

Pour déterminer si un graphe admet une chaîne ou un cycle eulérien (et le construire) :

  1. Étape 1 : vérifier que le graphe est connexe. Sinon, il n'admet ni chaîne ni cycle eulérien.
  2. Étape 2 : calculer le degré de chaque sommet (nombre d'arêtes incidentes, une boucle compte $2$).
  3. Étape 3 : compter le nombre de sommets de degré impair, puis appliquer le théorème d'Euler :

    • $0$ sommet impair : il existe un cycle eulérien (donc aussi une chaîne eulérienne).
    • $2$ sommets impairs : il existe une chaîne eulérienne reliant ces deux sommets, mais aucun cycle.
    • Tout autre nombre : il n'existe ni chaîne ni cycle eulérien.
  4. Étape 4 (si la conclusion est positive) : construire un parcours explicite « sans lever le crayon ». La chaîne eulérienne doit commencer et finir aux deux sommets de degré impair. Le cycle eulérien peut commencer en n'importe quel sommet.

Cycle eulérien — graphe en forme de papillon

On considère le graphe ci-dessous (deux triangles partageant le sommet $M$).

Graphe en forme de papillon : deux triangles ABM et CDM partageant le sommet M

Étape 1 : Le graphe est connexe (on passe de tout sommet à tout autre par une chaîne).

Étape 2 : Les degrés des sommets sont :

  • $\deg(A) = 2$, $\deg(B) = 2$
  • $\deg(M) = 4$
  • $\deg(C) = 2$, $\deg(D) = 2$

Étape 3 : Aucun sommet n'est de degré impair. D'après le théorème d'Euler, le graphe admet un cycle eulérien.

Étape 4 : On construit un cycle en utilisant chaque arête une fois et une seule, par exemple :

$A - B - M - C - D - M - A$

Ce cycle a $6$ arêtes, ce qui correspond bien au nombre total d'arêtes du graphe.

Chaîne eulérienne — quadrilatère avec une diagonale

On considère le graphe ci-dessous (carré $ABCD$ avec la diagonale $AC$).

Quadrilatère ABCD avec la diagonale AC

Étape 1 : Le graphe est connexe.

Étape 2 : Les degrés sont :

  • $\deg(A) = 3$ (relié à $B$, $C$, $D$)
  • $\deg(B) = 2$ (relié à $A$, $C$)
  • $\deg(C) = 3$ (relié à $B$, $D$, $A$)
  • $\deg(D) = 2$ (relié à $C$, $A$)

Étape 3 : Il y a exactement $2$ sommets de degré impair : $A$ et $C$. Le graphe admet une chaîne eulérienne, qui doit nécessairement commencer en $A$ et finir en $C$ (ou inversement). Il n'admet pas de cycle eulérien.

Étape 4 : On construit une chaîne eulérienne partant de $A$ et arrivant à $C$, par exemple :

$A - B - C - D - A - C$

Cette chaîne utilise les $5$ arêtes du graphe une fois et une seule.

Remarque

Astuce mnémotechnique : un graphe peut être tracé « sans lever le crayon » si et seulement s'il a $0$ ou $2$ sommets de degré impair. C'est l'origine historique du théorème (problème des sept ponts de Königsberg, résolu par Euler en 1736).

Attention

Avant de chercher la chaîne eulérienne, vérifier la connexité : un graphe non connexe ne peut jamais être parcouru en suivant ses arêtes (impossible de sauter d'un morceau à l'autre).

L'erreur classique consiste à conclure trop vite à l'existence d'une chaîne eulérienne dès qu'il y a peu de sommets de degré impair, sans vérifier la connexité.

Pour s'entraîner