Ensembles de nombres - Intervalles - Valeurs absolues
Exercices
Démonstrations sur les nombres réels
15 minutes
Votre progression
Créez un compte gratuit pour suivre votre avancement et reprendre où vous avez laissé.
Créer un compteObjectif travaillé
Dans cette question, on cherche à démontrer que $ \dfrac{1}{3} $ n'est pas un nombre décimal.
- On suppose que $ \dfrac{1}{3} $ est un nombre décimal. Que signifie cette hypothèse ?
- En déduire qu'il existe un entier naturel $ n $ tel que $ 10^n $ soit un multiple de 3.
- Rappeler la règle de divisibilité par 3. La somme des chiffres de $ 10^n $ est-elle divisible par 3 ? Conclure.
Dans cette question, on cherche à démontrer que $ \sqrt{2} $ est un nombre irrationnel.
- On suppose que $ \sqrt{2} $ est rationnel. Cela signifie qu'il existe deux entiers naturels non nuls $ p $ et $ q $ tels que $ \sqrt{2} = \dfrac{p}{q} $, avec la fraction $ \dfrac{p}{q} $ irréductible. Montrer que $ p^2 = 2q^2 $.
- En déduire que $ p^2 $ est pair, puis que $ p $ est pair.
- Puisque $ p $ est pair, on peut écrire $ p = 2k $ où $ k $ est un entier. En remplaçant dans l'égalité $ p^2 = 2q^2 $, montrer que $ q $ est pair.
- En déduire que la fraction $ \dfrac{p}{q} $ n'est pas irréductible. Conclure.
En utilisant les résultats précédents, déterminer la nature de chacun des nombres suivants :
- $ \dfrac{1}{3} + \sqrt{2} $
- $ 3\sqrt{2} $
Corrigé
- Si $ \dfrac{1}{3} $ est un nombre décimal, alors il existe un entier $ a \in \mathbb{Z} $ et un entier $ n \in \mathbb{N} $ tels que :
$ \dfrac{1}{3} = \dfrac{a}{10^n} $ - L'égalité $ \dfrac{1}{3} = \dfrac{a}{10^n} $ donne $ 10^n = 3a $.
Cela signifie que $ 10^n $ est un multiple de 3. - Un nombre est divisible par 3 si et seulement si la somme de ses chiffres est divisible par 3.
Or $ 10^n $ s'écrit 1 suivi de $ n $ zéros. La somme de ses chiffres vaut donc $ 1 $, qui n'est pas divisible par 3.
Donc $ 10^n $ n'est pas un multiple de 3, ce qui contredit le résultat de la question b.
L'hypothèse de départ est donc fausse : $ \dfrac{1}{3} $ n'est pas un nombre décimal.
- Si $ \dfrac{1}{3} $ est un nombre décimal, alors il existe un entier $ a \in \mathbb{Z} $ et un entier $ n \in \mathbb{N} $ tels que :
- On part de l'hypothèse $ \sqrt{2} = \dfrac{p}{q} $ avec $ p, q \in \mathbb{N}^* $ et la fraction irréductible.
En élevant au carré les deux membres :
$ 2 = \dfrac{p^2}{q^2} $
D'où $\mathbf{p^2 = 2q^2}$. - L'égalité $ p^2 = 2q^2 $ montre que $ p^2 $ est un multiple de 2, donc $ p^2 $ est pair.
Or le carré d'un nombre impair est impair (si $ p = 2k+1 $, alors $ p^2 = 4k^2 + 4k + 1 = 2(2k^2+2k) + 1 $, qui est impair).
Par contraposée, puisque $ p^2 $ est pair, $ p $ est pair. - Puisque $ p $ est pair, il existe $ k \in \mathbb{N} $ tel que $ p = 2k $.
On remplace dans $ p^2 = 2q^2 $ :
$ (2k)^2 = 2q^2 $
$ 4k^2 = 2q^2 $
$ q^2 = 2k^2 $
Donc $ q^2 $ est pair, et par le même raisonnement qu'à la question b, $ q $ est pair. - On a montré que $ p $ et $ q $ sont tous les deux pairs. Ils ont donc 2 comme diviseur commun, ce qui contredit l'hypothèse que la fraction $ \dfrac{p}{q} $ est irréductible.
L'hypothèse de départ est donc fausse : $ \sqrt{2} $ est irrationnel.
- On part de l'hypothèse $ \sqrt{2} = \dfrac{p}{q} $ avec $ p, q \in \mathbb{N}^* $ et la fraction irréductible.
- La somme d'un rationnel et d'un irrationnel est irrationnelle. En effet, si $ \dfrac{1}{3} + \sqrt{2} $ était rationnel, alors $ \sqrt{2} = \left(\dfrac{1}{3} + \sqrt{2}\right) - \dfrac{1}{3} $ serait la différence de deux rationnels, donc rationnel, ce qui est absurde.
Donc $ \dfrac{1}{3} + \sqrt{2} $ est irrationnel. - Le produit d'un rationnel non nul par un irrationnel est irrationnel. En effet, si $ 3\sqrt{2} $ était rationnel, alors $ \sqrt{2} = \dfrac{3\sqrt{2}}{3} $ serait le quotient de deux rationnels, donc rationnel, ce qui est absurde.
Donc $ 3\sqrt{2} $ est irrationnel.
- La somme d'un rationnel et d'un irrationnel est irrationnelle. En effet, si $ \dfrac{1}{3} + \sqrt{2} $ était rationnel, alors $ \sqrt{2} = \left(\dfrac{1}{3} + \sqrt{2}\right) - \dfrac{1}{3} $ serait la différence de deux rationnels, donc rationnel, ce qui est absurde.