QCM : Théorèmes de convergence

[enonce]
Ce QCM avancé porte sur les théorèmes de convergence : théorème des gendarmes, théorèmes de comparaison, convergence monotone et recherche de la limite par point fixe. Choisir la bonne réponse parmi les 4 propositions.
[/enonce]

[etape]
Soit $u_n = \dfrac{2 + (-1)^n}{n}$ pour $n \geqslant 1$. La limite quand $n \to +\infty$ vaut :
[qcm]
[option]n'existe pas (oscillation)[/option]
[option]$1$[/option]
[option correct="true"]$0$[/option]
[option]$2$[/option]
[reponse statut="correct"]Bonne réponse !
Pour tout $n \geqslant 1$, $-1 \leqslant (-1)^n \leqslant 1$, donc $1 \leqslant 2 + (-1)^n \leqslant 3$. En divisant par $n > 0$ :
$\dfrac{1}{n} \leqslant u_n \leqslant \dfrac{3}{n}$.
Or $\dfrac{1}{n} \to 0$ et $\dfrac{3}{n} \to 0$, donc d'après le théorème des gendarmes, $\lim u_n = 0$.[/reponse]
[reponse motif="n'existe pas (oscillation)"]Non.
Le numérateur oscille (entre $1$ et $3$), mais on divise ensuite par $n$ qui tend vers $+\infty$. L'amplitude des oscillations est écrasée vers $0$.[/reponse]
[reponse motif="$1$"]Non.
$1$ est la borne inférieure de $2 + (-1)^n$, mais elle est ensuite divisée par $n$ qui tend vers $+\infty$. La fraction tend vers $0$, pas vers $1$.[/reponse]
[reponse motif="$2$"]Non.
$2$ est la valeur moyenne de $2 + (-1)^n$, mais ce numérateur est divisé par $n$ qui croît sans borne. Le quotient s'écrase vers $0$.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Encadrer $u_n$ entre $\dfrac{1}{n}$ et $\dfrac{3}{n}$, deux suites qui tendent vers $0$, et appliquer le théorème des gendarmes.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
Une suite $(u_n)$ est croissante et majorée par $10$. On peut affirmer que :
[qcm]
[option]$\lim u_n = 10$[/option]
[option]$\lim u_n = +\infty$[/option]
[option correct="true"]$(u_n)$ converge vers une limite $\ell \leqslant 10$[/option]
[option]$(u_n)$ converge vers $u_0$[/option]
[reponse statut="correct"]Tu as raison !
D'après le théorème de convergence monotone, toute suite croissante et majorée converge vers une limite finie. Le majorant $10$ donne une borne supérieure pour la limite : $\ell \leqslant 10$, mais cette limite n'est en général pas $10$ exactement (le majorant peut être strictement plus grand que la limite).[/reponse]
[reponse motif="$\lim u_n = 10$"]Non.
$10$ est un majorant, pas nécessairement la limite. Par exemple, $u_n = 5 - \dfrac{1}{n+1}$ est majorée par $10$ mais converge vers $5$.[/reponse]
[reponse motif="$\lim u_n = +\infty$"]Non.
Une suite majorée ne peut pas tendre vers $+\infty$ : tous ses termes restent inférieurs au majorant. Le théorème de convergence monotone garantit ici une limite finie.[/reponse]
[reponse motif="$(u_n)$ converge vers $u_0$"]Non.
Si la suite est croissante (au sens strict), tous les termes suivants $u_0$ sont supérieurs à $u_0$. La limite est donc supérieure ou égale à $u_0$, mais en général distincte.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
D'après le théorème de convergence monotone, une suite croissante et majorée converge vers une limite finie, plus petite ou égale au majorant.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
Une suite $(u_n)$ vérifie $u_n \geqslant n - 5$ pour tout entier $n$. On peut conclure :
[qcm]
[option]$(u_n)$ converge[/option]
[option]$(u_n)$ est bornée[/option]
[option correct="true"]$\lim u_n = +\infty$[/option]
[option]on ne peut rien dire[/option]
[reponse statut="correct"]Exactement !
La suite minorante $v_n = n - 5$ tend vers $+\infty$ (car $\lim n = +\infty$ et $-5$ est constant). D'après le théorème de comparaison, si $u_n \geqslant v_n$ et $\lim v_n = +\infty$, alors $\lim u_n = +\infty$.[/reponse]
[reponse motif="$(u_n)$ converge"]Non.
$(u_n)$ ne peut pas converger : ses termes deviennent arbitrairement grands (puisqu'elle est minorée par $n - 5$ qui tend vers $+\infty$).[/reponse]
[reponse motif="$(u_n)$ est bornée"]Non.
Une suite minorée par $n - 5$ ne peut pas être majorée : les termes $u_n$ deviennent aussi grands que voulu.[/reponse]
[reponse motif="on ne peut rien dire"]Non.
Le théorème de comparaison s'applique : si $u_n \geqslant v_n$ avec $\lim v_n = +\infty$, alors $\lim u_n = +\infty$.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Théorème de comparaison : si $u_n \geqslant v_n$ et $v_n \to +\infty$, alors $u_n \to +\infty$. Vérifier la limite de la minorante.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
Soit $(u_n)$ définie par $u_0 = 0$ et $u_{n+1} = \sqrt{u_n + 2}$. On admet que $(u_n)$ converge vers une limite $\ell \geqslant 0$. Alors $\ell$ vaut :
[qcm]
[option]$0$[/option]
[option]$\sqrt{2}$[/option]
[option correct="true"]$2$[/option]
[option]$-1$ ou $2$[/option]
[reponse statut="correct"]Bravo !
Si $(u_n)$ converge vers $\ell$, alors $u_{n+1}$ converge aussi vers $\ell$ et, par continuité, $\sqrt{u_n + 2}$ converge vers $\sqrt{\ell + 2}$.
On obtient donc $\ell = \sqrt{\ell + 2}$, soit $\ell^2 = \ell + 2$ (avec $\ell \geqslant 0$). Cette équation s'écrit $\ell^2 - \ell - 2 = 0$, soit $(\ell - 2)(\ell + 1) = 0$ : $\ell = 2$ ou $\ell = -1$. Comme $\ell \geqslant 0$, on garde $\ell = 2$.[/reponse]
[reponse motif="$0$"]Non.
$\ell = 0$ donnerait $0 = \sqrt{0 + 2} = \sqrt{2}$, ce qui est faux. La valeur initiale $u_0 = 0$ ne se conserve pas pour la limite.[/reponse]
[reponse motif="$\sqrt{2}$"]Non.
$\sqrt{2}$ correspond à $u_1 = \sqrt{0 + 2}$, c'est-à-dire le terme suivant $u_0$. Ce n'est pas la limite, mais juste le deuxième terme de la suite.[/reponse]
[reponse motif="$-1$ ou $2$"]Non.
Les deux racines de $\ell^2 - \ell - 2 = 0$ sont effectivement $-1$ et $2$, mais la condition $\ell \geqslant 0$ (puisque $u_n \geqslant 0$ pour tout $n$) impose de retenir uniquement la solution positive.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Pour trouver la limite d'une suite récurrente $u_{n+1} = f(u_n)$ qui converge, résoudre l'équation de point fixe $\ell = f(\ell)$, puis trier les solutions selon les contraintes (signe, encadrement).[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
Soit $(u_n)$ définie par $u_0 = 0$ et $u_{n+1} = \dfrac{1}{2}(u_n + 4)$. On admet que $(u_n)$ est croissante et majorée par $4$. Sa limite vaut :
[qcm]
[option]$0$[/option]
[option correct="true"]$4$[/option]
[option]$2$[/option]
[option]$+\infty$[/option]
[reponse statut="correct"]Correct !
La suite est croissante et majorée par $4$ : par le théorème de convergence monotone, elle admet une limite finie $\ell$. À la limite, l'égalité $u_{n+1} = \dfrac{1}{2}(u_n + 4)$ donne $\ell = \dfrac{1}{2}(\ell + 4)$, soit $2\ell = \ell + 4$, donc $\ell = 4$.[/reponse]
[reponse motif="$0$"]Non.
$0$ est la valeur de $u_0$, pas la limite. Comme la suite est croissante, sa limite est strictement supérieure à $u_0$.[/reponse]
[reponse motif="$2$"]Non.
$2$ correspondrait à un point fixe différent. Vérifier l'équation : $\ell = \dfrac{1}{2}(\ell + 4)$ équivaut à $2\ell = \ell + 4$, donc $\ell = 4$ et non $\ell = 2$.[/reponse]
[reponse motif="$+\infty$"]Non.
La suite est majorée par $4$, donc sa limite (qui existe) est finie et inférieure ou égale à $4$. Elle ne peut pas tendre vers $+\infty$.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Le théorème de convergence monotone garantit l'existence de la limite. Pour la calculer, résoudre l'équation de point fixe $\ell = \dfrac{1}{2}(\ell + 4)$.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
Soient $(u_n)$ et $(v_n)$ deux suites telles que $u_n \leqslant v_n$ à partir d'un certain rang. On suppose que $\lim u_n = +\infty$. On peut conclure :
[qcm]
[option]$\lim v_n = 0$[/option]
[option]$(v_n)$ est nécessairement bornée[/option]
[option]$\lim v_n$ peut valoir n'importe quel réel[/option]
[option correct="true"]$\lim v_n = +\infty$[/option]
[reponse statut="correct"]C'est bien ça !
D'après le théorème de comparaison, si $u_n \leqslant v_n$ à partir d'un certain rang et si $\lim u_n = +\infty$, alors $\lim v_n = +\infty$. Comme $v_n$ est au-dessus d'une suite qui devient arbitrairement grande, $v_n$ devient lui aussi arbitrairement grand.[/reponse]
[reponse motif="$\lim v_n = 0$"]Non.
Si $v_n \geqslant u_n$ et $u_n \to +\infty$, alors $v_n$ ne peut pas tendre vers $0$ : elle est forcée de croître au moins aussi vite que $u_n$.[/reponse]
[reponse motif="$(v_n)$ est nécessairement bornée"]Non.
Au contraire, $v_n$ est non bornée : elle dépasse tout réel à partir d'un certain rang puisqu'elle est plus grande qu'une suite qui tend vers $+\infty$.[/reponse]
[reponse motif="$\lim v_n$ peut valoir n'importe quel réel"]Non.
La contrainte $v_n \geqslant u_n$ avec $u_n \to +\infty$ force $v_n \to +\infty$. Aucun réel fini ne peut être limite de $(v_n)$.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Théorème de comparaison : si $u_n \leqslant v_n$ et $u_n \to +\infty$, alors $v_n \to +\infty$ aussi (la suite « majorante » suit la « minorante » vers l'infini).[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

QCM : Limites de suites

[enonce]
Ce QCM porte sur le calcul de limites de suites : limites usuelles, opérations sur les limites et levée de formes indéterminées par factorisation. Choisir la bonne réponse parmi les 4 propositions.
[/enonce]

[etape]
La limite de la suite définie pour $n \geqslant 1$ par $u_n = 5 - \dfrac{3}{n}$ vaut :
[qcm]
[option]$2$[/option]
[option correct="true"]$5$[/option]
[option]$+\infty$[/option]
[option]$0$[/option]
[reponse statut="correct"]Bonne réponse !
On utilise la limite usuelle $\lim\limits_{n \to +\infty} \dfrac{1}{n} = 0$, donc $\dfrac{3}{n} \to 0$. Par somme :
$\lim\limits_{n \to +\infty}\left(5 - \dfrac{3}{n}\right) = 5 - 0 = 5$.[/reponse]
[reponse motif="$2$"]Non.
La valeur $2 = 5 - 3$ correspondrait à un calcul effectué pour $n = 1$, et non à la limite. Quand $n \to +\infty$, $\dfrac{3}{n}$ tend vers $0$, pas vers $3$.[/reponse]
[reponse motif="$+\infty$"]Non.
Le terme $\dfrac{3}{n}$ ne tend pas vers l'infini quand $n$ grandit : au contraire, il devient de plus en plus petit. Réfléchir au comportement de $\dfrac{1}{n}$ pour $n$ grand.[/reponse]
[reponse motif="$0$"]Non.
La constante $5$ ne disparaît pas avec le passage à la limite. La somme d'une constante et d'un terme tendant vers $0$ tend vers la constante.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Quand $n \to +\infty$, $\dfrac{3}{n} \to 0$. Il reste alors la constante $5$.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
$\lim\limits_{n \to +\infty} (0{,}5)^n$ vaut :
[qcm]
[option]$1$[/option]
[option correct="true"]$0$[/option]
[option]$+\infty$[/option]
[option]$0{,}5$[/option]
[reponse statut="correct"]Tu as raison !
Comme $0{,}5 \in \,]-1\,;\,1[\,$, la suite géométrique $(q^n)$ avec $q = 0{,}5$ converge vers $0$.
$\lim\limits_{n \to +\infty} (0{,}5)^n = 0$.[/reponse]
[reponse motif="$1$"]Non.
$1$ correspond à la valeur $(0{,}5)^0 = 1$, mais quand $n$ grandit, $(0{,}5)^n$ devient de plus en plus petit, pas constant à $1$.[/reponse]
[reponse motif="$+\infty$"]Non.
La base $0{,}5$ est strictement comprise entre $-1$ et $1$, donc $q^n$ ne diverge pas vers l'infini : il s'écrase vers $0$. Ne pas confondre avec le cas $q > 1$.[/reponse]
[reponse motif="$0{,}5$"]Non.
$0{,}5$ correspond à $(0{,}5)^1$, c'est-à-dire à un terme particulier de la suite, pas à sa limite.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Pour une suite géométrique de raison $q$ avec $-1 < q < 1$, $\lim\limits_{n \to +\infty} q^n = 0$.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
Pour calculer $\lim\limits_{n \to +\infty} \dfrac{2n^2 + 3n}{n^2 + 1}$, on trouve :
[qcm]
[option correct="true"]$2$[/option]
[option]$0$[/option]
[option]$+\infty$[/option]
[option]$3$[/option]
[reponse statut="correct"]C'est bien ça !
On a une forme indéterminée $\dfrac{\infty}{\infty}$. On factorise haut et bas par $n^2$ :
$\dfrac{2n^2 + 3n}{n^2 + 1} = \dfrac{n^2\left(2 + \dfrac{3}{n}\right)}{n^2\left(1 + \dfrac{1}{n^2}\right)} = \dfrac{2 + \dfrac{3}{n}}{1 + \dfrac{1}{n^2}}$.
Quand $n \to +\infty$, $\dfrac{3}{n} \to 0$ et $\dfrac{1}{n^2} \to 0$, donc la limite vaut $\dfrac{2 + 0}{1 + 0} = 2$.[/reponse]
[reponse motif="$0$"]Non.
La limite n'est pas $0$ : il y a un $n^2$ au numérateur comme au dénominateur. Ils se compensent au lieu de s'annuler.[/reponse]
[reponse motif="$+\infty$"]Non.
La limite n'est pas infinie : le degré du numérateur ($2$) est égal à celui du dénominateur ($2$). Le rapport tend vers le quotient des coefficients dominants.[/reponse]
[reponse motif="$3$"]Non.
$3$ est le coefficient du terme de plus bas degré au numérateur, mais quand $n \to +\infty$ ce sont les termes dominants (de plus haut degré) qui imposent la limite, pas ceux de bas degré.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Forme indéterminée $\dfrac{\infty}{\infty}$ : factoriser numérateur et dénominateur par le terme de plus haut degré. La limite est alors le rapport des coefficients dominants.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
$\lim\limits_{n \to +\infty} \dfrac{n + 1}{2n + 3}$ vaut :
[qcm]
[option]$0$[/option]
[option]$1$[/option]
[option correct="true"]$\dfrac{1}{2}$[/option]
[option]$+\infty$[/option]
[reponse statut="correct"]Bravo !
Forme indéterminée $\dfrac{\infty}{\infty}$. On factorise par $n$ au numérateur et au dénominateur :
$\dfrac{n + 1}{2n + 3} = \dfrac{n\left(1 + \dfrac{1}{n}\right)}{n\left(2 + \dfrac{3}{n}\right)} = \dfrac{1 + \dfrac{1}{n}}{2 + \dfrac{3}{n}}$.
Lorsque $n \to +\infty$, $\dfrac{1}{n} \to 0$ et $\dfrac{3}{n} \to 0$, donc la limite vaut $\dfrac{1}{2}$.[/reponse]
[reponse motif="$0$"]Non.
Le numérateur ne tend pas vers une constante quand $n \to +\infty$ : il croît aussi vers l'infini. La limite n'est pas nulle.[/reponse]
[reponse motif="$1$"]Non.
$\dfrac{1}{1}$ correspondrait à des coefficients dominants $1$ et $1$. Or au dénominateur, le coefficient dominant est $2$ (devant le $n$).[/reponse]
[reponse motif="$+\infty$"]Non.
Le degré du numérateur ($1$) est égal à celui du dénominateur ($1$), donc le quotient ne diverge pas. Il tend vers le rapport des coefficients dominants.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Lorsque les degrés du numérateur et du dénominateur sont égaux, la limite est le quotient des coefficients dominants.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
$\lim\limits_{n \to +\infty} \left(n - \sqrt{n}\right)$ vaut :
[qcm]
[option]$0$[/option]
[option]$1$[/option]
[option correct="true"]$+\infty$[/option]
[option]$-\infty$[/option]
[reponse statut="correct"]Exactement !
On a une forme indéterminée $(+\infty) - (+\infty)$. On factorise par $\sqrt{n}$ :
$n - \sqrt{n} = \sqrt{n}\left(\sqrt{n} - 1\right)$.
Or $\sqrt{n} \to +\infty$ et $\sqrt{n} - 1 \to +\infty$, donc par produit la limite vaut $+\infty$.[/reponse]
[reponse motif="$0$"]Non.
Une forme indéterminée $\infty - \infty$ ne donne pas automatiquement $0$ : il faut comparer les vitesses de croissance. Ici $n$ croît bien plus vite que $\sqrt{n}$.[/reponse]
[reponse motif="$1$"]Non.
La différence $n - \sqrt{n}$ ne tend pas vers une constante : elle s'écarte de plus en plus.[/reponse]
[reponse motif="$-\infty$"]Non.
Pour tout $n \geqslant 1$, $n \geqslant \sqrt{n}$ donc $n - \sqrt{n} \geqslant 0$. La limite ne peut donc pas être négative.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Lever la forme indéterminée $\infty - \infty$ par factorisation. Comparer les ordres de grandeur : $n$ croît bien plus vite que $\sqrt{n}$.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
On considère, pour $n \geqslant 1$, la suite $u_n = \dfrac{(-1)^n}{n}$. Sa limite quand $n \to +\infty$ vaut :
[qcm]
[option]$1$ ou $-1$ selon la parité de $n$[/option]
[option]n'existe pas car la suite oscille[/option]
[option correct="true"]$0$[/option]
[option]$-1$[/option]
[reponse statut="correct"]Correct !
Pour tout $n \geqslant 1$, on a $-\dfrac{1}{n} \leqslant \dfrac{(-1)^n}{n} \leqslant \dfrac{1}{n}$.
Or $\lim\limits_{n \to +\infty} \dfrac{1}{n} = 0$ et $\lim\limits_{n \to +\infty}\left(-\dfrac{1}{n}\right) = 0$.
D'après le théorème des gendarmes, $\lim\limits_{n \to +\infty} \dfrac{(-1)^n}{n} = 0$.[/reponse]
[reponse motif="$1$ ou $-1$ selon la parité de $n$"]Non.
$1$ et $-1$ sont les valeurs prises par $(-1)^n$, mais on divise ensuite par $n$. Le facteur $\dfrac{1}{n}$ tend vers $0$ et écrase l'oscillation.[/reponse]
[reponse motif="n'existe pas car la suite oscille"]Non.
La suite oscille en signe, mais l'amplitude des oscillations $\dfrac{1}{n}$ tend vers $0$. Une oscillation amortie peut très bien avoir une limite.[/reponse]
[reponse motif="$-1$"]Non.
$-1$ est l'une des deux valeurs de $(-1)^n$, mais elle est ensuite divisée par $n$ qui tend vers $+\infty$. Le quotient devient minuscule.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Encadrer $\dfrac{(-1)^n}{n}$ entre $-\dfrac{1}{n}$ et $\dfrac{1}{n}$, qui tendent toutes deux vers $0$, et appliquer le théorème des gendarmes.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

Vrai/Faux : Limites de suites (1)

[enonce]
Pour chaque affirmation suivante, indiquez si elle est Vraie ou Fausse.
[/enonce]

[etape]
Soit la suite $(u_n)$ définie sur $\mathbb{N}$ par $u_n = \dfrac{1}{n+1}$.

Affirmation : La suite $(u_n)$ converge vers $0$.

[qcm]
[option correct="true"]Vrai[/option]
[option]Faux[/option]
[reponse statut="correct"]Correct !
$\lim\limits_{n \to +\infty}(n+1) = +\infty$, donc par passage à l'inverse :

$\lim\limits_{n \to +\infty} \dfrac{1}{n+1} = 0$

[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non, cette affirmation est vraie.
Attention, il ne faut pas penser que $\dfrac{1}{n+1}$ a un comportement différent de $\dfrac{1}{n}$ : les deux expressions ont la même limite en $+\infty$.
Quand $n \to +\infty$, le dénominateur $n+1 \to +\infty$, donc $\dfrac{1}{n+1} \to 0$.[/reponse]
[/qcm]
[solution]
Cette affirmation est vraie.
$n+1 \to +\infty$, donc $\dfrac{1}{n+1} \to 0$.
[/solution]
[/etape]

[etape]
Affirmation : $\lim\limits_{n \to +\infty} 0{,}3^n = +\infty$.

[qcm]
[option]Vrai[/option]
[option correct="true"]Faux[/option]
[reponse statut="correct"]Bonne réponse !
La suite $u_n = 0{,}3^n$ est géométrique de raison $q = 0{,}3$.
Comme $-1 < q < 1$, elle converge vers $0$, et non vers $+\infty$.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non, cette affirmation est fausse.
Il ne faut pas confondre une base supérieure à $1$ (qui donne $+\infty$) avec une base entre $0$ et $1$ (qui donne $0$).
$0{,}3^n$ est une suite géométrique de raison $q = 0{,}3 \in {]}-1~;~1{[}$, donc $\lim\limits_{n \to +\infty} 0{,}3^n = 0$.[/reponse]
[/qcm]
[solution]
Cette affirmation est fausse.
$0{,}3 \in {]}-1~;~1{[}$, donc $0{,}3^n \to 0$, pas $+\infty$.
[/solution]
[/etape]

[etape]
Affirmation : Une suite arithmétique de raison $r > 0$ tend vers $+\infty$ quand $n \to +\infty$.

[qcm]
[option correct="true"]Vrai[/option]
[option]Faux[/option]
[reponse statut="correct"]Bravo !
Pour tout $n \in \mathbb{N}$ : $u_n = u_0 + nr$.
Comme $r > 0$, on a $\lim\limits_{n \to +\infty} nr = +\infty$, donc $\lim\limits_{n \to +\infty} u_n = +\infty$.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non, cette affirmation est vraie.
Rappel : la valeur de $u_0$ ne modifie pas la divergence, car $u_n = u_0 + nr$ et pour $r > 0$, c'est le terme $nr$ qui domine.
$u_n = u_0 + nr$ avec $r > 0$, donc $nr \to +\infty$, ce qui entraîne $u_n \to +\infty$.[/reponse]
[/qcm]
[solution]
Cette affirmation est vraie.
$u_n = u_0 + nr \to +\infty$ car $nr \to +\infty$ pour $r > 0$.
[/solution]
[/etape]

[etape]
Affirmation : Si une suite est décroissante, alors elle est divergente.

[qcm]
[option]Vrai[/option]
[option correct="true"]Faux[/option]
[reponse statut="correct"]Exactement !
Une suite décroissante peut très bien converger.
Par exemple, $u_n = \dfrac{1}{n}$ (pour $n \geqslant 1$) est décroissante et converge vers $0$.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non, cette affirmation est fausse.
Le piège ici est de confondre « décroissante » et « tend vers $-\infty$ » : une suite décroissante et minorée converge (théorème de la limite monotone).
Une suite décroissante peut converger : $u_n = \dfrac{1}{n}$ est décroissante et tend vers $0$.[/reponse]
[/qcm]
[solution]
Cette affirmation est fausse.
Contre-exemple : $u_n = \dfrac{1}{n}$ est décroissante et converge vers $0$.
[/solution]
[/etape]

[etape]
Soit la suite $(u_n)$ définie par $\begin{cases} u_0 = 2 \\ u_{n+1} = 3u_n \end{cases}$

Affirmation : La suite $(u_n)$ tend vers $+\infty$ quand $n \to +\infty$.

[qcm]
[option correct="true"]Vrai[/option]
[option]Faux[/option]
[reponse statut="correct"]C'est bien ça !
$(u_n)$ est une suite géométrique de raison $q = 3 > 1$.
Comme $q > 1$ et $u_0 > 0$, la suite diverge vers $+\infty$.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non, cette affirmation est vraie.
Rappel : toute suite géométrique de raison $q > 1$ à termes positifs tend vers $+\infty$.
La suite est géométrique de raison $q = 3 > 1$, donc elle tend vers $+\infty$.[/reponse]
[/qcm]
[solution]
Cette affirmation est vraie.
Suite géométrique de raison $q = 3 > 1$ et de premier terme positif : elle diverge vers $+\infty$.
[/solution]
[/etape]

[etape]
Affirmation : Si une suite est à la fois majorée et minorée, alors elle admet toujours une limite finie.

[qcm]
[option]Vrai[/option]
[option correct="true"]Faux[/option]
[reponse statut="correct"]Tu as raison !
Une suite bornée n'est pas forcément convergente.
Par exemple, $u_n = (-1)^n$ est minorée par $-1$ et majorée par $1$, mais elle n'admet pas de limite.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non, cette affirmation est fausse.
Il ne faut pas confondre « bornée » et « convergente » : une suite bornée ET monotone converge, mais la monotonie est une condition indispensable.
$u_n = (-1)^n$ est bornée (entre $-1$ et $1$) mais oscille indéfiniment sans converger.[/reponse]
[/qcm]
[solution]
Cette affirmation est fausse.
Contre-exemple : $u_n = (-1)^n$ est bornée mais n'admet pas de limite (oscillations).
[/solution]
[/etape]

Problème récapitulatif sur les suites

Soit la suite $ (u_n) $ définie par $ u_0=\dfrac{1}{2} $ et, pour tout entier naturel $ n $ :

$ u_{n+1} = \dfrac{2u_n}{u_n+1} $

Partie A

  1. Calculer $ u_1 $ et $ u_2 $.
  2. On considère la fonction $ f $ définie sur $ ]-1~;~+\infty[ $ par :

    $ f(x)= \dfrac{2x}{x+1} $

    Étudier les variations de la fonction $ f $ sur $ ]-1~;~+\infty[ $.

  3. Sur le graphique ci-dessous, on a représenté la droite $ d $ d'équation $ y=x $ et la courbe $ \mathscr{C_f} $ représentative de $ f $.

    Courbe de f et droite y = x
    1. Construire, sur ce graphique, les points $ A_0 $, $ A_1 $ et $ A_2 $ situés sur l'axe des abscisses et dont les abscisses sont respectivement $ u_0 $, $ u_1 $ et $ u_2 $ (laisser apparents les traits de construction).
    2. Conjecturer le sens de variation et la convergence de la suite $ (u_n) $.

Partie B

    1. Démontrer par récurrence que pour tout entier naturel $ n $ :

      $ \dfrac{1}{2} \leqslant u_n \leqslant u_{n+1} \leqslant 1 $
    2. En déduire que la suite $ (u_n) $ est convergente.
  1. On définit la suite $ (v_n) $ pour tout entier naturel $ n $ par :

    $ v_n= \dfrac{1}{u_n} - 1 $
    1. Montrer que la suite $ (v_n) $ est une suite géométrique dont on précisera le premier terme et la raison.
    2. Déterminer, pour tout entier naturel $ n $, l'expression de $ v_n $ puis l'expression de $ u_n $ en fonction de $ n $.
    3. En déduire la limite de la suite $ (u_n) $.

Partie C

  1. Soit $ a $ un réel strictement positif. Expliquer pourquoi il existe un entier naturel $ p $ tel que, pour tout entier naturel $ n $ supérieur ou égal à $ p $ : $ 1 - u_n < a $.
  2. Compléter la fonction Python ci-dessous pour qu'elle retourne la plus petite valeur de $ n $ telle que $ 1 - u_n < a $, où $ a $ est un réel strictement positif passé en argument.

    def rang(a):
        u = 1/2
        n = 0
        while ...
            u = ...
            n = ...
        return ...

Corrigé

Partie A

  1. On applique la formule de récurrence.

    $ u_{1}=\dfrac{2u_{0}}{u_{0}+1}=\dfrac{2\times \dfrac{1}{2}}{\dfrac{1}{2}+1}=\dfrac{1}{\dfrac{3}{2}}=\dfrac{2}{3} $

    $ u_{2}=\dfrac{2u_{1}}{u_{1}+1}=\dfrac{2\times \dfrac{2}{3}}{\dfrac{2}{3}+1}=\dfrac{\dfrac{4}{3}}{\dfrac{5}{3}}=\dfrac{4}{3}\times \dfrac{3}{5}=\dfrac{4}{5} $

  2. La fonction $ f $ est dérivable sur $ ]-1~;~+\infty[ $ et :

    $ f^{\prime}(x) =\dfrac{2(x+1) - 2x}{(x+1)^{2}}=\dfrac{2}{(x+1)^{2}} $

    Comme $ (x+1)^2 > 0 $ sur $ ]-1~;~+\infty[ $, $ f^{\prime} $ est strictement positive sur cet intervalle, donc $ f $ est strictement croissante sur $ ]-1~;~+\infty[ $.

    1. Construction graphique des premiers termes de la suite :

      Construction graphique des premiers termes de la suite
    2. La suite $ (u_n) $ semble croissante et convergente vers $ 1 $.

Partie B

    1. Initialisation.

      Montrons que $ \dfrac{1}{2} \leqslant u_0 \leqslant u_{1} \leqslant 1 $.

      On a $ u_0 = \dfrac{1}{2} $ et $ u_1 = \dfrac{2}{3} $.

      Comme $ \dfrac{1}{2} \leqslant \dfrac{1}{2} \leqslant \dfrac{2}{3} \leqslant 1 $, la propriété est vraie au rang $ 0 $.

      Hérédité.

      Supposons que la propriété $ \dfrac{1}{2} \leqslant u_n \leqslant u_{n+1} \leqslant 1 $ est vraie pour un certain entier naturel $ n $ et démontrons que la propriété est alors vraie au rang $ n+1 $.

      Si $ \dfrac{1}{2} \leqslant u_n \leqslant u_{n+1} \leqslant 1 $, alors comme $ f $ est croissante sur $ ]-1~;~+\infty[ $ :

      $ f\left( \dfrac{1}{2}\right) \leqslant f(u_n) \leqslant f(u_{n+1}) \leqslant f(1) $

      Or $ f\left( \dfrac{1}{2}\right) = \dfrac{2\times \dfrac{1}{2}}{\dfrac{1}{2}+1} = \dfrac{1}{\dfrac{3}{2}} = \dfrac{2}{3} $, $ f(u_n)=u_{n+1} $, $ f(u_{n+1})=u_{n+2} $ et $ f(1)=\dfrac{2}{2}=1 $ donc :

      $ \dfrac{2}{3} \leqslant u_{n+1} \leqslant u_{n+2} \leqslant 1 $

      et comme $ \dfrac{1}{2} \leqslant \dfrac{2}{3} $ :

      $ \dfrac{1}{2} \leqslant u_{n+1} \leqslant u_{n+2} \leqslant 1 $

      La propriété est donc vraie au rang $ n+1 $.

      Conclusion.

      La propriété $ \dfrac{1}{2} \leqslant u_n \leqslant u_{n+1} \leqslant 1 $ est vraie au rang $ 0 $ et elle est héréditaire ; par conséquent, elle est vraie pour tout entier naturel $ n $.

    2. D'après la question précédente, la suite $ (u_n) $ est croissante et majorée par $ 1 $, donc elle est convergente (théorème de convergence monotone).
    1. Pour montrer que la suite $ (v_n) $ est géométrique, on montre qu'il existe une constante $ q $ telle que, pour tout entier naturel $ n $, $ v_{n+1} = q\,v_n $.

      $ \begin{aligned}v_{n+1}&=\dfrac{1}{u_{n+1}} - 1\\ &=\dfrac{u_{n}+1}{2u_{n}} - 1\\ &=\dfrac{u_{n}+1 - 2u_{n}}{2u_{n}}\\ &=\dfrac{1 - u_{n}}{2u_{n}}\\ &=\dfrac{1}{2}\times \dfrac{1 - u_{n}}{u_{n}}\\ &=\dfrac{1}{2}\left( \dfrac{1}{u_{n}} - 1\right) \\ &=\dfrac{1}{2}v_{n}\end{aligned} $

      Donc la suite $ (v_n) $ est une suite géométrique de raison $ q=\dfrac{1}{2} $.

      Son premier terme est $ v_0 = \dfrac{1}{u_0} - 1 = 2 - 1 = 1 $.

    2. On en déduit que, pour tout entier naturel $ n $ :

      $ v_n = v_0\,q^n = \left( \dfrac{1}{2} \right)^n = \dfrac{1}{2^n} $

      De la relation $ v_n= \dfrac{1}{u_n} - 1 $, on déduit :

      $ \dfrac{1}{u_n} = v_n + 1 $
      $ u_n = \dfrac{1}{v_n + 1} $

      donc :

      $ \begin{aligned} u_n&=\dfrac{1}{\dfrac{1}{2^{n}}+1}\\ &=\dfrac{1}{\dfrac{1+2^{n}}{2^{n}}}\\ &=\dfrac{2^{n}}{1+2^n}\end{aligned} $

    3. Comme $ -1 < \dfrac{1}{2} < 1 $ :

      $ \lim\limits_{n\to +\infty }v_{n}=\lim\limits_{n\to +\infty }\left( \dfrac{1}{2}\right)^{n}=0 $ (limite d'une suite géométrique).

      Comme $ u_n = \dfrac{1}{v_n + 1} $, on en déduit (par somme et par quotient) que la suite $ (u_n) $ converge vers $ \dfrac{1}{0+1} = 1 $.

Partie C

  1. Soit $ a>0 $.

    D'après la définition de la limite, dire que la suite $ (u_n) $ converge vers $ 1 $ signifie qu'il existe un entier naturel $ p $ à partir duquel $ -a < u_n - 1 < a $ pour tout entier naturel $ n \geqslant p $.

    Or l'inégalité $ -a < u_n - 1 $ est équivalente à $ 1 - u_n < a $.

  2. def rang(a):
        u = 1/2
        n = 0
        while 1 - u >= a:
            u = 2*u/(u+1)
            n = n + 1
        return n

Suites – Bac S Pondichéry 2017

On considère deux suites $(u_n)$ et $(v_n)$ :

  • $(u_n)$ définie par $u_0 = 1$ et, pour tout entier naturel $n$, $u_{n+1} = 2u_n - n + 3$ ;
  • $(v_n)$ définie, pour tout entier naturel $n$, par $v_n = 2^n$.

Partie A

Conjectures

Florent a calculé les premiers termes de ces deux suites à l'aide d'un tableur. Une copie d'écran est donnée ci-dessous.

Copie d'écran d'un tableur avec les premiers termes des suites
  1. Quelles formules ont été entrées dans les cellules B3 et C3 pour obtenir par copie vers le bas les termes des deux suites ?
  2. Pour les termes de rang 10, 11, 12 et 13, Florent obtient les résultats suivants :

    Résultats du tableur pour les rangs 10 à 13

    Conjecturer les limites des suites $(u_n)$ et $\left(\dfrac{u_n}{v_n}\right)$.

Partie B

Étude de la suite $(u_n)$

  1. Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel $n$, $u_n = 3 \times 2^n + n - 2$.
  2. Déterminer la limite de la suite $(u_n)$.
  3. Déterminer le rang du premier terme de la suite supérieur à 1 million.

Partie C

Étude de la suite $\left(\dfrac{u_n}{v_n}\right)$

  1. Démontrer que la suite $\left(\dfrac{u_n}{v_n}\right)$ est décroissante à partir du rang 3.
  2. On admet que, pour tout entier $n$ supérieur ou égal à 4, $0 < \dfrac{n}{2^n} \leqslant \dfrac{1}{n}$. Déterminer la limite de la suite $\left(\dfrac{u_n}{v_n}\right)$.

Corrigé

Partie A

  1. On traduit la relation $u_{n+1} = 2u_n - n + 3$ et l'expression $v_n = 2^n$ dans les cellules :

    • En B3 : =2*B2-A2+3
    • En C3 : =2^A3 (ou =PUISSANCE(2;A3))
  2. D'après les valeurs calculées par Florent :

    • Les valeurs de $u_n$ croissent très rapidement. On conjecture $\lim\limits_{n \to +\infty} u_n = +\infty$.
    • Le quotient $\dfrac{u_n}{v_n}$ se rapproche de 3 (on observe $w_{10} \approx 3{,}0078$, $w_{11} \approx 3{,}0044$, $w_{12} \approx 3{,}0024$, $w_{13} \approx 3{,}0013$). On conjecture $\lim\limits_{n \to +\infty} \dfrac{u_n}{v_n} = 3$.

Partie B

  1. On démontre par récurrence la propriété $P_n$ : « $u_n = 3 \times 2^n + n - 2$ ».

    Initialisation : pour $n = 0$, $u_0 = 1$ et $3 \times 2^0 + 0 - 2 = 3 - 2 = 1$. Ainsi $P_0$ est vraie.

    Hérédité : supposons $P_n$ vraie pour un entier naturel $n$ : $u_n = 3 \times 2^n + n - 2$.
    Alors :
    $u_{n+1} = 2u_n - n + 3 = 2(3 \times 2^n + n - 2) - n + 3$
    $u_{n+1} = 3 \times 2^{n+1} + 2n - 4 - n + 3 = 3 \times 2^{n+1} + n - 1$
    Or $3 \times 2^{n+1} + (n + 1) - 2 = 3 \times 2^{n+1} + n - 1$. Donc $P_{n+1}$ est vraie.

    Conclusion : pour tout entier naturel $n$, $u_n = 3 \times 2^n + n - 2$.

  2. Comme $2 > 1$, $\lim\limits_{n \to +\infty} 2^n = +\infty$, donc $\lim\limits_{n \to +\infty} 3 \times 2^n = +\infty$.
    De plus $\lim\limits_{n \to +\infty} (n - 2) = +\infty$.
    Par somme de limites : $\lim\limits_{n \to +\infty} u_n = +\infty$.
  3. On cherche le plus petit entier $n$ tel que $u_n > 10^6$.
    Pour $n = 18$ : $u_{18} = 3 \times 2^{18} + 16 = 3 \times 262\,144 + 16 = 786\,432 + 16 = 786\,448 < 10^6$.
    Pour $n = 19$ : $u_{19} = 3 \times 2^{19} + 17 = 3 \times 524\,288 + 17 = 1\,572\,864 + 17 = 1\,572\,881 > 10^6$.
    Le rang cherché est donc $\mathbf{n = 19}$.

Partie C

  1. On pose $w_n = \dfrac{u_n}{v_n} = \dfrac{3 \times 2^n + n - 2}{2^n} = 3 + \dfrac{n - 2}{2^n}$.
    On étudie le signe de $w_{n+1} - w_n$ :
    $w_{n+1} - w_n = \dfrac{n - 1}{2^{n+1}} - \dfrac{n - 2}{2^n} = \dfrac{n - 1 - 2(n - 2)}{2^{n+1}} = \dfrac{3 - n}{2^{n+1}}$
    Pour $n \geqslant 3$, $3 - n \leqslant 0$, donc $w_{n+1} - w_n \leqslant 0$.
    La suite $\left(\dfrac{u_n}{v_n}\right)$ est donc décroissante à partir du rang 3.
  2. Pour tout $n \geqslant 4$ : $0 < \dfrac{n}{2^n} \leqslant \dfrac{1}{n}$.
    Comme $\lim\limits_{n \to +\infty} \dfrac{1}{n} = 0$, d'après le théorème des gendarmes, $\lim\limits_{n \to +\infty} \dfrac{n}{2^n} = 0$.
    De plus, $\lim\limits_{n \to +\infty} \dfrac{2}{2^n} = 0$ puisque $\lim\limits_{n \to +\infty} 2^n = +\infty$.
    On a $\dfrac{u_n}{v_n} = 3 + \dfrac{n}{2^n} - \dfrac{2}{2^n}$.
    Par somme de limites : $\lim\limits_{n \to +\infty} \dfrac{u_n}{v_n} = 3$.

Suites – Récurrence – Limite

Soit la suite $ (u_n) $ définie pour tout entier $ n \geqslant 1 $ par :

$ u_n=\dfrac{1}{3^1}+\dfrac{2}{3^2}+\dots+\dfrac{n}{3^n} $

Partie A

  1. Calculer $ u_1 $, $ u_2 $ et $ u_3 $. À l'aide d'une calculatrice, déterminer une valeur approchée de $ u_{100} $ à $ 10^{-3} $ près.
  2. Quel est le sens de variation de la suite $ (u_n) $ ? Justifier la réponse.
  3. Montrer par récurrence que pour tout entier naturel $ n $ non nul, $ \left(\dfrac{3}{2}\right)^n \geqslant n $.
  4. Déduire de la question précédente un majorant de $ u_n $.
  5. Prouver que la suite $ (u_n) $ est convergente.

Partie B

Dans la suite de l'exercice, on notera $ l $ la limite de la suite $ (u_n) $.

  1. Démontrer que pour tout entier naturel $ n $, $ 3^{n+1} > n(n+1)^2 $.
  2. Pour tout entier naturel $ n $ non nul, on pose $ v_n=u_n+\dfrac{1}{n} $. Montrer que la suite $ (v_n) $ est décroissante.
  3. Démontrer que la suite $ (v_n) $ est convergente. Quelle est sa limite ?
  4. Déterminer un encadrement de $ l $ d'amplitude $ 10^{-2} $.

Corrigé

Partie A

  1. On calcule les premiers termes.

    $ u_1 = \dfrac{1}{3} \approx 0{,}333 $
    $ u_2 = \dfrac{1}{3} + \dfrac{2}{9} = \dfrac{3}{9} + \dfrac{2}{9} = \dfrac{5}{9} \approx 0{,}556 $
    $ u_3 = \dfrac{5}{9} + \dfrac{3}{27} = \dfrac{15}{27} + \dfrac{3}{27} = \dfrac{18}{27} = \dfrac{2}{3} \approx 0{,}667 $

    À l'aide d'une calculatrice, on trouve $ u_{100} \approx 0{,}749 $ à $ 10^{-3} $ près.

  2. Pour tout entier $ n \geqslant 1 $ :

    $ u_{n+1} - u_n = \dfrac{n+1}{3^{n+1}} $

    Comme $ n+1 > 0 $ et $ 3^{n+1} > 0 $, on a $ u_{n+1} - u_n > 0 $.

    La suite $ (u_n) $ est donc strictement croissante.

  3. Démontrons par récurrence que pour tout entier naturel $ n \geqslant 1 $, $ \left(\dfrac{3}{2}\right)^n \geqslant n $.

    Initialisation : pour $ n=1 $, $ \left(\dfrac{3}{2}\right)^1 = 1{,}5 \geqslant 1 $ ; pour $ n=2 $, $ \left(\dfrac{3}{2}\right)^2 = \dfrac{9}{4} = 2{,}25 \geqslant 2 $. La propriété est vraie aux rangs $ 1 $ et $ 2 $.

    Hérédité : supposons que pour un entier $ n \geqslant 2 $, $ \left(\dfrac{3}{2}\right)^n \geqslant n $. Alors :

    $ \left(\dfrac{3}{2}\right)^{n+1} = \dfrac{3}{2} \times \left(\dfrac{3}{2}\right)^n \geqslant \dfrac{3}{2}\,n = n + \dfrac{n}{2} $

    Comme $ n \geqslant 2 $, on a $ \dfrac{n}{2} \geqslant 1 $, donc $ n + \dfrac{n}{2} \geqslant n + 1 $. Ainsi $ \left(\dfrac{3}{2}\right)^{n+1} \geqslant n+1 $ et la propriété est héréditaire à partir du rang $ 2 $.

    Conclusion : la propriété est vraie au rang $ 2 $ et héréditaire à partir de ce rang, donc vraie pour tout $ n \geqslant 2 $ ; comme elle est aussi vraie au rang $ 1 $, on a pour tout entier naturel $ n $ non nul, $ \left(\dfrac{3}{2}\right)^n \geqslant n $.

  4. De l'inégalité $ \left(\dfrac{3}{2}\right)^n \geqslant n $, on déduit en divisant par $ 3^n > 0 $ :

    $ \dfrac{1}{2^n} \geqslant \dfrac{n}{3^n} $

    Donc pour tout $ k \geqslant 1 $, $ \dfrac{k}{3^k} \leqslant \dfrac{1}{2^k} $. En sommant de $ k=1 $ à $ n $ :

    $ u_n = \sum_{k=1}^n \dfrac{k}{3^k} \leqslant \sum_{k=1}^n \dfrac{1}{2^k} $

    La somme de droite est celle des $ n $ premiers termes d'une suite géométrique de premier terme $ \dfrac{1}{2} $ et de raison $ \dfrac{1}{2} $ :

    $ \sum_{k=1}^n \dfrac{1}{2^k} = \dfrac{1}{2}\times \dfrac{1 - (1/2)^n}{1 - 1/2} = 1 - \left(\dfrac{1}{2}\right)^n \leqslant 1 $

    On en déduit que $ u_n \leqslant 1 $ pour tout $ n \geqslant 1 $.

    $ 1 $ est donc un majorant de la suite $ (u_n) $.

  5. La suite $ (u_n) $ est croissante (d'après la question 2) et majorée par $ 1 $ (d'après la question 4). D'après le théorème de convergence monotone, la suite $ (u_n) $ est convergente.

Partie B

  1. Démontrons par récurrence que pour tout entier naturel $ n $, $ 3^{n+1} > n(n+1)^2 $.

    Initialisation : pour $ n=0 $, $ 3^{1} = 3 > 0 = 0 \times 1^2 $. La propriété est vraie au rang $ 0 $.

    Hérédité : supposons la propriété vraie pour un entier $ n \geqslant 0 $. On veut montrer que $ 3^{n+2} > (n+1)(n+2)^2 $.

    On a $ 3^{n+2} = 3 \times 3^{n+1} $.

    On compare $ 3\times n(n+1)^2 $ à $ (n+1)(n+2)^2 $. Comme $ n+1 > 0 $, cela revient à comparer $ 3n(n+1) $ et $ (n+2)^2 $ :

    $ 3n(n+1) - (n+2)^2 = 3n^2 + 3n - n^2 - 4n - 4 = 2n^2 - n - 4 $

    Le trinôme $ 2n^2 - n - 4 $ a pour discriminant $ \Delta = 1 + 32 = 33 $, et pour racines $ \dfrac{1 \pm \sqrt{33}}{4} $. La plus grande racine vaut environ $ 1{,}69 $. Donc pour $ n \geqslant 2 $, $ 2n^2 - n - 4 > 0 $, soit $ 3n(n+1) > (n+2)^2 $ et $ 3\,n(n+1)^2 > (n+1)(n+2)^2 $.

    Ainsi, pour $ n \geqslant 2 $ :

    $ 3^{n+2} = 3 \times 3^{n+1} > 3\,n(n+1)^2 > (n+1)(n+2)^2 $

    La propriété est donc héréditaire à partir du rang $ 2 $.

    Vérification aux rangs $ 0 $, $ 1 $ et $ 2 $ :

    Pour $ n=0 $ : $ 3 > 0 $.

    Pour $ n=1 $ : $ 9 > 1\times 4 = 4 $.

    Pour $ n=2 $ : $ 27 > 2\times 9 = 18 $.

    Conclusion : la propriété est vraie pour $ n \in \{0, 1, 2\} $ et elle est héréditaire à partir de $ n=2 $. Donc pour tout entier naturel $ n $, $ 3^{n+1} > n(n+1)^2 $.

  2. On a $ v_n = u_n + \dfrac{1}{n} $ pour $ n \geqslant 1 $.

    $ v_{n+1} - v_n = (u_{n+1} - u_n) + \dfrac{1}{n+1} - \dfrac{1}{n} = \dfrac{n+1}{3^{n+1}} + \dfrac{n - (n+1)}{n(n+1)} = \dfrac{n+1}{3^{n+1}} - \dfrac{1}{n(n+1)} $

    En réduisant au même dénominateur $ n(n+1)\,3^{n+1} $ :

    $ v_{n+1} - v_n = \dfrac{n(n+1)^2 - 3^{n+1}}{n(n+1)\,3^{n+1}} $

    D'après la question 1, $ 3^{n+1} > n(n+1)^2 $, donc le numérateur est strictement négatif. Le dénominateur est strictement positif.

    Ainsi $ v_{n+1} - v_n < 0 $ : la suite $ (v_n) $ est strictement décroissante.

  3. La suite $ (v_n) $ est décroissante. De plus, pour tout $ n \geqslant 1 $, $ v_n = u_n + \dfrac{1}{n} > 0 $ : elle est minorée par $ 0 $.

    D'après le théorème de convergence monotone, la suite $ (v_n) $ est convergente.

    Comme $ \lim\limits_{n \to +\infty} \dfrac{1}{n} = 0 $ et $ \lim\limits_{n \to +\infty} u_n = l $, on a par somme :

    $ \lim\limits_{n \to +\infty} v_n = l + 0 = l $

    La limite de $ (v_n) $ est donc $\mathbf{l}$.

  4. La suite $ (u_n) $ est croissante et converge vers $ l $, donc $ u_n \leqslant l $ pour tout $ n \geqslant 1 $.

    La suite $ (v_n) $ est décroissante et converge vers $ l $, donc $ v_n \geqslant l $ pour tout $ n \geqslant 1 $.

    On a donc, pour tout entier $ n \geqslant 1 $ :

    $ u_n \leqslant l \leqslant v_n $

    L'amplitude de cet encadrement est $ v_n - u_n = \dfrac{1}{n} $. Pour avoir une amplitude inférieure ou égale à $ 10^{-2} $, il faut $ \dfrac{1}{n} \leqslant 10^{-2} $, soit $ n \geqslant 100 $.

    Pour $ n = 100 $, avec la calculatrice :

    $ u_{100} \approx 0{,}749 $
    $ v_{100} = u_{100} + \dfrac{1}{100} \approx 0{,}759 $

    Un encadrement de $ l $ d'amplitude $ 10^{-2} $ est donc :

    $ 0{,}749 \leqslant l \leqslant 0{,}759 $

Suites – Bac S Métropole 2013

Soit la suite numérique $(u_n)$ définie sur $\mathbb{N}$ par $u_0 = 2$ et, pour tout entier naturel $n$ :

$u_{n+1} = \dfrac{2}{3} u_n + \dfrac{1}{3} n + 1$
    1. Calculer $u_1$, $u_2$, $u_3$ et $u_4$. On pourra en donner des valeurs approchées à $10^{-2}$ près.
    2. Formuler une conjecture sur le sens de variation de cette suite.
    1. Démontrer que, pour tout entier naturel $n$, $u_n \leqslant n + 3$.
    2. Démontrer que, pour tout entier naturel $n$, $u_{n+1} - u_n = \dfrac{1}{3}(n + 3 - u_n)$.
    3. En déduire une validation de la conjecture précédente.
  1. On désigne par $(v_n)$ la suite définie sur $\mathbb{N}$ par $v_n = u_n - n$.

    1. Démontrer que la suite $(v_n)$ est une suite géométrique de raison $\dfrac{2}{3}$.
    2. En déduire que, pour tout entier naturel $n$, $u_n = 2 \left(\dfrac{2}{3}\right)^n + n$.
    3. Déterminer la limite de la suite $(u_n)$.
  2. Pour tout entier naturel non nul $n$, on pose :

    $S_n = \sum\limits_{k=0}^{n} u_k = u_0 + u_1 + \dots + u_n$

    et

    $T_n = \dfrac{S_n}{n^2}$
    1. Exprimer $S_n$ en fonction de $n$.
    2. Déterminer la limite de la suite $(T_n)$.

Corrigé

On considère la suite $(u_n)$ définie sur $\mathbb{N}$ par $u_0 = 2$ et, pour tout $n \in \mathbb{N}$, $u_{n+1} = \dfrac{2}{3} u_n + \dfrac{1}{3} n + 1$.

    1. On calcule les premières valeurs :
      $u_1 = \dfrac{2}{3} \times 2 + \dfrac{1}{3} \times 0 + 1 = \dfrac{4}{3} + 1 = \dfrac{7}{3} \approx 2{,}33$
      $u_2 = \dfrac{2}{3} \times \dfrac{7}{3} + \dfrac{1}{3} + 1 = \dfrac{14}{9} + \dfrac{4}{3} = \dfrac{14 + 12}{9} = \dfrac{26}{9} \approx 2{,}89$
      $u_3 = \dfrac{2}{3} \times \dfrac{26}{9} + \dfrac{2}{3} + 1 = \dfrac{52}{27} + \dfrac{5}{3} = \dfrac{52 + 45}{27} = \dfrac{97}{27} \approx 3{,}59$
      $u_4 = \dfrac{2}{3} \times \dfrac{97}{27} + 1 + 1 = \dfrac{194}{81} + 2 = \dfrac{194 + 162}{81} = \dfrac{356}{81} \approx 4{,}40$

      $n$ $0$ $1$ $2$ $3$ $4$
      $u_n$ $2$ $2{,}33$ $2{,}89$ $3{,}59$ $4{,}40$
    2. D'après ces valeurs, on conjecture que la suite $(u_n)$ est strictement croissante.
    1. On démontre par récurrence la propriété $P_n$ : « $u_n \leqslant n + 3$ ».
      Initialisation : pour $n = 0$, $u_0 = 2$ et $0 + 3 = 3$. On a bien $u_0 \leqslant 3$, donc $P_0$ est vraie.
      Hérédité : supposons $P_n$ vraie pour un entier $n$ fixé, soit $u_n \leqslant n + 3$. Montrons que $u_{n+1} \leqslant (n+1) + 3$, c'est-à-dire $u_{n+1} \leqslant n + 4$.
      De $u_n \leqslant n + 3$, on déduit successivement :
      $\dfrac{2}{3} u_n \leqslant \dfrac{2}{3}(n + 3) = \dfrac{2}{3} n + 2$
      $\dfrac{2}{3} u_n + \dfrac{1}{3} n + 1 \leqslant \dfrac{2}{3} n + 2 + \dfrac{1}{3} n + 1 = n + 3$
      soit $u_{n+1} \leqslant n + 3$. Comme $n + 3 \leqslant n + 4$, on a bien $u_{n+1} \leqslant n + 4$ : $P_{n+1}$ est vraie.
      Conclusion : pour tout entier naturel $n$, $u_n \leqslant n + 3$.
    2. Pour tout entier naturel $n$ :
      $u_{n+1} - u_n = \dfrac{2}{3} u_n + \dfrac{1}{3} n + 1 - u_n = -\dfrac{1}{3} u_n + \dfrac{1}{3} n + 1 = \dfrac{1}{3}(n + 3 - u_n)$

      $u_{n+1} - u_n = \dfrac{1}{3}(n + 3 - u_n)$
    3. D'après 2.a, pour tout $n \in \mathbb{N}$, $u_n \leqslant n + 3$, donc $n + 3 - u_n \geqslant 0$. Par conséquent $u_{n+1} - u_n \geqslant 0$ : la suite $(u_n)$ est croissante, ce qui valide la conjecture.
  1. Soit $(v_n)$ la suite définie par $v_n = u_n - n$.

    1. Pour tout entier naturel $n$ :
      $v_{n+1} = u_{n+1} - (n+1) = \dfrac{2}{3} u_n + \dfrac{1}{3} n + 1 - n - 1 = \dfrac{2}{3} u_n - \dfrac{2}{3} n = \dfrac{2}{3}(u_n - n) = \dfrac{2}{3} v_n$
      La suite $(v_n)$ est donc géométrique de raison $q = \dfrac{2}{3}$ et de premier terme $v_0 = u_0 - 0 = 2$.
    2. Pour tout entier naturel $n$ :

      $v_n = 2 \times \left(\dfrac{2}{3}\right)^n$

      Comme $v_n = u_n - n$, on a $u_n = v_n + n$, d'où :

      $u_n = 2 \left(\dfrac{2}{3}\right)^n + n$
    3. Comme $\left|\dfrac{2}{3}\right| < 1$, on a $\lim\limits_{n \to +\infty} \left(\dfrac{2}{3}\right)^n = 0$, donc $\lim\limits_{n \to +\infty} 2 \left(\dfrac{2}{3}\right)^n = 0$. Par ailleurs, $\lim\limits_{n \to +\infty} n = +\infty$. Par somme :

      $\lim\limits_{n \to +\infty} u_n = +\infty$
    1. On décompose $S_n$ :
      $S_n = \sum\limits_{k=0}^{n} u_k = \sum\limits_{k=0}^{n}(v_k + k) = \sum\limits_{k=0}^{n} v_k + \sum\limits_{k=0}^{n} k$
      La somme des $n+1$ premiers termes de la suite géométrique $(v_k)$ de raison $\dfrac{2}{3}$ vaut :
      $\sum\limits_{k=0}^{n} v_k = 2 \times \dfrac{1 - \left(\dfrac{2}{3}\right)^{n+1}}{1 - \dfrac{2}{3}} = 2 \times 3 \left[1 - \left(\dfrac{2}{3}\right)^{n+1}\right] = 6 \left[1 - \left(\dfrac{2}{3}\right)^{n+1}\right]$
      D'autre part :
      $\sum\limits_{k=0}^{n} k = \dfrac{n(n+1)}{2}$
      On obtient donc :

      $S_n = 6 \left[1 - \left(\dfrac{2}{3}\right)^{n+1}\right] + \dfrac{n(n+1)}{2}$
    2. En développant, $S_n = 6 - 6 \left(\dfrac{2}{3}\right)^{n+1} + \dfrac{n^2 + n}{2}$. Alors :
      $T_n = \dfrac{S_n}{n^2} = \dfrac{6}{n^2} - \dfrac{6}{n^2} \left(\dfrac{2}{3}\right)^{n+1} + \dfrac{1}{2} + \dfrac{1}{2 n}$
      Comme $\lim\limits_{n \to +\infty} \dfrac{6}{n^2} = 0$, $\lim\limits_{n \to +\infty} \dfrac{6}{n^2} \left(\dfrac{2}{3}\right)^{n+1} = 0$ et $\lim\limits_{n \to +\infty} \dfrac{1}{2 n} = 0$, on en déduit :

      $\lim\limits_{n \to +\infty} T_n = \dfrac{1}{2}$

Suites – Bac S Amérique du Nord 2013

On considère la suite $(u_n)$ définie par $u_0 = 1$ et, pour tout entier naturel $n$ :

$u_{n+1} = \sqrt{2 u_n}$
  1. On considère l'algorithme suivant :

    Variables : $n$ est un entier naturel
      $u$ est un réel positif
    Initialisation : Demander la valeur de $n$
      Affecter à $u$ la valeur $1$
    Traitement : Pour $i$ variant de $1$ à $n$ :
      $\quad$Affecter à $u$ la valeur $\sqrt{2 u}$
      Fin de Pour
    Sortie : Afficher $u$
    1. Donner une valeur approchée à $10^{-4}$ près du résultat qu'affiche cet algorithme lorsque l'on choisit $n = 3$.
    2. Que permet de calculer cet algorithme ?
    3. Le tableau ci-dessous donne des valeurs approchées obtenues à l'aide de cet algorithme pour certaines valeurs de $n$.

      $n$ $1$ $5$ $10$ $15$ $20$
      Valeur affichée $1{,}4142$ $1{,}9571$ $1{,}9986$ $1{,}9999$ $1{,}9999$

      Quelles conjectures peut-on émettre concernant la suite $(u_n)$ ?

    1. Démontrer que, pour tout entier naturel $n$, $0 < u_n \leqslant 2$.
    2. Déterminer le sens de variation de la suite $(u_n)$.
    3. Démontrer que la suite $(u_n)$ est convergente. On ne demande pas la valeur de sa limite.
  2. On considère la suite $(v_n)$ définie, pour tout entier naturel $n$, par $v_n = \ln u_n - \ln 2$.

    1. Démontrer que la suite $(v_n)$ est la suite géométrique de raison $\dfrac{1}{2}$ et de premier terme $v_0 = -\ln 2$.
    2. Déterminer, pour tout entier naturel $n$, l'expression de $v_n$ en fonction de $n$, puis de $u_n$ en fonction de $n$.
    3. Déterminer la limite de la suite $(u_n)$.
    4. Recopier l'algorithme ci-dessous et le compléter par les instructions du traitement et de la sortie, de façon à afficher en sortie la plus petite valeur de $n$ telle que $u_n > 1{,}999$.

      Variables : $n$ est un entier naturel
        $u$ est un réel
      Initialisation : Affecter à $n$ la valeur $0$
        Affecter à $u$ la valeur $1$
      Traitement : ...
      Sortie : ...

Corrigé

    1. On fait tourner l'algorithme pour $n = 3$ :
      $u_1 = \sqrt{2 \times 1} = \sqrt{2} \approx 1{,}4142$
      $u_2 = \sqrt{2 \times \sqrt{2}} \approx \sqrt{2{,}8284} \approx 1{,}6818$
      $u_3 = \sqrt{2 u_2} \approx \sqrt{3{,}3636} \approx 1{,}8340$
      L'algorithme affiche donc environ $1{,}8340$.
    2. Cet algorithme calcule le terme $u_n$ de la suite $(u_n)$ définie par $u_0 = 1$ et $u_{n+1} = \sqrt{2 u_n}$.
    3. Au vu des valeurs, la suite $(u_n)$ semble croissante et converger vers $2$.
    1. Démontrons par récurrence que, pour tout entier naturel $n$, $0 < u_n \leqslant 2$.
      Soit $P_n$ la propriété « $0 < u_n \leqslant 2$ ».
      Initialisation : Pour $n = 0$, $u_0 = 1$ et $0 < 1 \leqslant 2$, donc $P_0$ est vraie.
      Hérédité : Supposons $P_n$ vraie pour un entier $n$ fixé, soit $0 < u_n \leqslant 2$.
      Alors $0 < 2 u_n \leqslant 4$, d'où en composant par la fonction racine carrée (croissante sur $[0 ; +\infty[$) :
      $0 < \sqrt{2 u_n} \leqslant \sqrt{4} = 2$, c'est-à-dire $0 < u_{n+1} \leqslant 2$.
      $P_{n+1}$ est donc vraie.
      Conclusion : pour tout entier naturel $n$, $0 < u_n \leqslant 2$.
    2. Étudions le signe de $u_{n+1} - u_n$. Pour tout entier $n$ :
      $u_{n+1}^2 - u_n^2 = 2 u_n - u_n^2 = u_n (2 - u_n)$
      D'après la question précédente, $u_n > 0$ et $2 - u_n \geqslant 0$, donc $u_{n+1}^2 - u_n^2 \geqslant 0$, soit $u_{n+1}^2 \geqslant u_n^2$.
      Comme $u_n > 0$ et $u_{n+1} > 0$, on en déduit $u_{n+1} \geqslant u_n$.
      La suite $(u_n)$ est donc croissante.
    3. La suite $(u_n)$ est croissante et majorée par $2$. D'après le théorème de la convergence monotone, elle converge.
    1. Pour tout entier naturel $n$ :
      $v_{n+1} = \ln u_{n+1} - \ln 2 = \ln \sqrt{2 u_n} - \ln 2 = \dfrac{1}{2} \ln(2 u_n) - \ln 2$
      $v_{n+1} = \dfrac{1}{2} (\ln 2 + \ln u_n) - \ln 2 = \dfrac{1}{2} \ln u_n - \dfrac{1}{2} \ln 2 = \dfrac{1}{2}(\ln u_n - \ln 2) = \dfrac{1}{2} v_n$
      La suite $(v_n)$ est donc géométrique de raison $\dfrac{1}{2}$ et de premier terme $v_0 = \ln u_0 - \ln 2 = \ln 1 - \ln 2 = -\ln 2$.
    2. Pour tout entier naturel $n$ :

      $v_n = -\ln 2 \times \left(\dfrac{1}{2}\right)^n$

      Comme $v_n = \ln u_n - \ln 2$, on a $\ln u_n = v_n + \ln 2$, puis :

      $u_n = \mathrm{e}^{v_n + \ln 2} = 2 \, \mathrm{e}^{v_n} = 2 \, \mathrm{e}^{-\ln 2 \times (1/2)^n}$
    3. Comme $\left|\dfrac{1}{2}\right| < 1$, on a $\lim\limits_{n \to +\infty} \left(\dfrac{1}{2}\right)^n = 0$, donc $\lim\limits_{n \to +\infty} v_n = 0$.
      Par continuité de la fonction exponentielle, $\lim\limits_{n \to +\infty} u_n = 2 \, \mathrm{e}^0 = 2$.
    4. Algorithme complété :

      Variables : $n$ est un entier naturel
        $u$ est un réel
      Initialisation : Affecter à $n$ la valeur $0$
        Affecter à $u$ la valeur $1$
      Traitement : Tant que $u \leqslant 1{,}999$
        $\quad$ Affecter à $u$ la valeur $\sqrt{2 u}$
        $\quad$ Affecter à $n$ la valeur $n + 1$
        Fin Tant que
      Sortie : Afficher $n$

Suites – Bac S Liban 2013

On considère la suite numérique $(v_n)$ définie pour tout entier naturel $n$ par :

$\left\{ \begin{array}{l} v_0 = 1 \\ v_{n+1} = \dfrac{9}{6 - v_n} \end{array} \right.$

Partie A

  1. On souhaite écrire un algorithme affichant, pour un entier naturel $n$ donné, tous les termes de la suite, du rang $0$ au rang $n$. Parmi les trois algorithmes suivants, un seul convient. Préciser lequel en justifiant la réponse.

    Algorithme N° 1

    Variables : $v$ est un réel
      $i$ et $n$ sont des entiers naturels
    Début : Lire $n$
      $v$ prend la valeur $1$
      Pour $i$ variant de $1$ à $n$ faire
      $\quad v$ prend la valeur $\dfrac{9}{6 - v}$
      Fin pour
      Afficher $v$

    Algorithme N° 2

    Variables : $v$ est un réel
      $i$ et $n$ sont des entiers naturels
    Début : Lire $n$
      Pour $i$ variant de $1$ à $n$ faire
      $\quad v$ prend la valeur $1$
      $\quad$ Afficher $v$
      $\quad v$ prend la valeur $\dfrac{9}{6 - v}$
      Fin pour

    Algorithme N° 3

    Variables : $v$ est un réel
      $i$ et $n$ sont des entiers naturels
    Début : Lire $n$
      $v$ prend la valeur $1$
      Pour $i$ variant de $1$ à $n$ faire
      $\quad$ Afficher $v$
      $\quad v$ prend la valeur $\dfrac{9}{6 - v}$
      Fin pour
  2. Pour $n = 10$, on obtient l'affichage suivant :

    $1$ $1{,}800$ $2{,}143$ $2{,}333$ $2{,}455$ $2{,}538$ $2{,}600$ $2{,}647$ $2{,}684$ $2{,}714$

    Pour $n = 100$, les derniers termes affichés sont :

    $2{,}967$ $2{,}968$ $2{,}968$ $2{,}968$ $2{,}969$ $2{,}969$ $2{,}969$ $2{,}970$ $2{,}970$ $2{,}970$

    Quelles conjectures peut-on émettre concernant la suite $(v_n)$ ?

    1. Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel $n$, $0 < v_n < 3$.
    2. Démontrer que, pour tout entier naturel $n$, $v_{n+1} - v_n = \dfrac{(3 - v_n)^2}{6 - v_n}$. La suite $(v_n)$ est-elle monotone ?
    3. Démontrer que la suite $(v_n)$ est convergente.

Partie B

Recherche de la limite de la suite $(v_n)$.

On considère la suite $(w_n)$ définie pour tout entier naturel $n$ par :

$w_n = \dfrac{1}{v_n - 3}$
  1. Démontrer que $(w_n)$ est une suite arithmétique de raison $-\dfrac{1}{3}$.
  2. En déduire l'expression de $w_n$, puis celle de $v_n$ en fonction de $n$.
  3. Déterminer la limite de la suite $(v_n)$.

Corrigé

Partie A

  1. C'est l'algorithme N° 3 qui convient.
    L'algorithme N° 1 n'affiche que $v_n$ (le dernier terme calculé, après la boucle). L'algorithme N° 2 réinitialise $v$ à $1$ à chaque itération : il affiche donc toujours $1$. Seul l'algorithme N° 3 initialise $v$ à $v_0 = 1$ puis, à chaque tour, affiche d'abord le terme courant avant de calculer le terme suivant.
  2. D'après les valeurs affichées, on peut conjecturer que la suite $(v_n)$ est croissante et qu'elle converge vers $3$.
    1. On démontre par récurrence la propriété $P_n$ : « $0 < v_n < 3$ ».
      Initialisation : pour $n = 0$, $v_0 = 1$ et $0 < 1 < 3$, donc $P_0$ est vraie.
      Hérédité : supposons $P_n$ vraie pour un entier $n$ fixé, soit $0 < v_n < 3$.
      Alors $-3 < -v_n < 0$, puis $3 < 6 - v_n < 6$, d'où $6 - v_n > 0$.
      En passant à l'inverse (la fonction $x \mapsto 1/x$ est décroissante sur $]0 ; +\infty[$) :
      $\dfrac{1}{6} < \dfrac{1}{6 - v_n} < \dfrac{1}{3}$
      En multipliant par $9$ :
      $\dfrac{3}{2} < \dfrac{9}{6 - v_n} < 3$
      c'est-à-dire $\dfrac{3}{2} < v_{n+1} < 3$. Comme $0 < \dfrac{3}{2}$, on a bien $0 < v_{n+1} < 3$ : $P_{n+1}$ est vraie.
      Conclusion : pour tout entier naturel $n$, $0 < v_n < 3$.
    2. Pour tout entier naturel $n$ :
      $v_{n+1} - v_n = \dfrac{9}{6 - v_n} - v_n = \dfrac{9 - v_n (6 - v_n)}{6 - v_n} = \dfrac{9 - 6 v_n + v_n^2}{6 - v_n} = \dfrac{(3 - v_n)^2}{6 - v_n}$
      Comme $0 < v_n < 3$, on a $6 - v_n > 0$ et $(3 - v_n)^2 \geqslant 0$ (avec égalité seulement si $v_n = 3$, ce qui est exclu). Donc $v_{n+1} - v_n > 0$ : la suite $(v_n)$ est strictement croissante.
    3. La suite $(v_n)$ est croissante et majorée par $3$. D'après le théorème de la convergence monotone, elle converge. On note $\ell$ sa limite ; d'après 3.a, $0 < \ell \leqslant 3$.

Partie B

  1. Pour tout entier naturel $n$ :
    $w_{n+1} = \dfrac{1}{v_{n+1} - 3} = \dfrac{1}{\dfrac{9}{6 - v_n} - 3} = \dfrac{1}{\dfrac{9 - 3(6 - v_n)}{6 - v_n}} = \dfrac{6 - v_n}{9 - 18 + 3 v_n} = \dfrac{6 - v_n}{3 v_n - 9} = \dfrac{6 - v_n}{3(v_n - 3)}$
    On décompose le numérateur : $6 - v_n = -(v_n - 3) + 3$, donc :
    $w_{n+1} = \dfrac{-(v_n - 3) + 3}{3(v_n - 3)} = -\dfrac{1}{3} + \dfrac{1}{v_n - 3} = w_n - \dfrac{1}{3}$
    La suite $(w_n)$ est donc arithmétique de raison $r = -\dfrac{1}{3}$.
  2. Le premier terme est $w_0 = \dfrac{1}{v_0 - 3} = \dfrac{1}{1 - 3} = -\dfrac{1}{2}$.
    On en déduit $w_n = w_0 + n r = -\dfrac{1}{2} - \dfrac{n}{3} = -\dfrac{2 n + 3}{6}$.
    Comme $w_n = \dfrac{1}{v_n - 3}$, on a $v_n - 3 = \dfrac{1}{w_n}$, d'où :

    $v_n = 3 + \dfrac{1}{w_n} = 3 - \dfrac{6}{2 n + 3}$
  3. On a $\lim\limits_{n \to +\infty} (2 n + 3) = +\infty$, donc $\lim\limits_{n \to +\infty} \dfrac{6}{2 n + 3} = 0$. On en déduit :

    $\lim\limits_{n \to +\infty} v_n = 3$

Suites – Bac S Polynésie 2013

Exercice 4 (5 points)

On considère la suite $(u_n)$ définie par $u_0 = \dfrac{1}{2}$ et telle que, pour tout entier naturel $n$,

$u_{n+1} = \dfrac{3u_n}{1 + 2u_n}$
    1. Calculer $u_1$ et $u_2$.
    2. Démontrer, par récurrence, que pour tout entier naturel $n$, $0 < u_n$.
  1. On admet que pour tout entier naturel $n$, $u_n < 1$.

    1. Démontrer que la suite $(u_n)$ est croissante.
    2. Démontrer que la suite $(u_n)$ converge.
  2. Soit $(v_n)$ la suite définie, pour tout entier naturel $n$, par $v_n = \dfrac{u_n}{1 - u_n}$.

    1. Montrer que la suite $(v_n)$ est une suite géométrique de raison 3.
    2. Exprimer, pour tout entier naturel $n$, $v_n$ en fonction de $n$.
    3. En déduire que, pour tout entier naturel $n$, $u_n = \dfrac{3^n}{3^n + 1}$.
    4. Déterminer la limite de la suite $(u_n)$.

Corrigé

On détaille les calculs étape par étape.

    1. Calcul des premiers termes. Avec $u_0 = \dfrac{1}{2}$ :
      $u_1 = \dfrac{3 \times \tfrac{1}{2}}{1 + 2 \times \tfrac{1}{2}} = \dfrac{\tfrac{3}{2}}{2} = \dfrac{3}{4}$
      $u_2 = \dfrac{3 \times \tfrac{3}{4}}{1 + 2 \times \tfrac{3}{4}} = \dfrac{\tfrac{9}{4}}{\tfrac{5}{2}} = \dfrac{9}{4} \times \dfrac{2}{5} = \dfrac{9}{10}$
    2. Soit $P_n$ la proposition : « $u_n > 0$ ».

      • Initialisation : $u_0 = \dfrac{1}{2} > 0$, donc $P_0$ est vraie.
      • Hérédité : supposons $u_n > 0$ pour un entier $n$. Alors $3u_n > 0$ et $1 + 2u_n > 1 > 0$. Le quotient de deux réels strictement positifs est strictement positif, donc $u_{n+1} > 0$. $P_{n+1}$ est vraie.
      • Conclusion : par récurrence, pour tout $n \in \mathbb{N}$, $u_n > 0$.
  1. On admet que pour tout entier naturel $n$, $u_n < 1$.

    1. Pour tout $n \in \mathbb{N}$ :
      $u_{n+1} - u_n = \dfrac{3u_n}{1 + 2u_n} - u_n = \dfrac{3u_n - u_n(1 + 2u_n)}{1 + 2u_n} = \dfrac{2u_n - 2u_n^2}{1 + 2u_n} = \dfrac{2u_n(1 - u_n)}{1 + 2u_n}$
      D'après la question 1.b, $u_n > 0$ et, par hypothèse, $1 - u_n > 0$. De plus $1 + 2u_n > 0$. Ainsi $u_{n+1} - u_n > 0$.
      La suite $(u_n)$ est donc strictement croissante.
    2. La suite $(u_n)$ est croissante et majorée par 1, donc d'après le théorème de convergence monotone, elle converge vers une limite $\ell$ avec $\ell \leqslant 1$.
  2. Soit $(v_n)$ la suite définie par $v_n = \dfrac{u_n}{1 - u_n}$.

    1. On calcule $v_{n+1}$ :
      $v_{n+1} = \dfrac{u_{n+1}}{1 - u_{n+1}} = \dfrac{\tfrac{3u_n}{1 + 2u_n}}{1 - \tfrac{3u_n}{1 + 2u_n}} = \dfrac{\tfrac{3u_n}{1 + 2u_n}}{\tfrac{1 + 2u_n - 3u_n}{1 + 2u_n}} = \dfrac{3u_n}{1 - u_n} = 3v_n$
      La suite $(v_n)$ est donc géométrique de raison 3.
    2. On a $v_0 = \dfrac{u_0}{1 - u_0} = \dfrac{\tfrac{1}{2}}{\tfrac{1}{2}} = 1$.
      Pour tout entier naturel $n$ : $v_n = v_0 \times 3^n = 3^n$.
    3. À partir de $v_n = \dfrac{u_n}{1 - u_n}$, on isole $u_n$ :
      $v_n(1 - u_n) = u_n$, d'où $v_n = u_n(1 + v_n)$, puis $u_n = \dfrac{v_n}{1 + v_n}$.
      En remplaçant $v_n$ par $3^n$, on obtient $u_n = \dfrac{3^n}{3^n + 1}$.
    4. On écrit $u_n = \dfrac{3^n + 1 - 1}{3^n + 1} = 1 - \dfrac{1}{3^n + 1}$.
      Comme $3 > 1$, $\lim\limits_{n \to +\infty} 3^n = +\infty$, donc $\lim\limits_{n \to +\infty} \dfrac{1}{3^n + 1} = 0$.
      On en déduit que $\lim\limits_{n \to +\infty} u_n = 1$.