Nouveau programme de maths en seconde : ce qui change à la rentrée 2026
Probabilités conditionnelles, fonction valeur absolue, automatismes : ce que le programme de seconde 2026 ajoute — et ce qu'il retire.
Si tu entres en seconde cette année, tu n’apprends pas exactement les mêmes maths que les élèves de l’an dernier. Le programme a été entièrement réécrit, et tu fais partie de la première promotion à le suivre. Voici ce qui change vraiment, le texte officiel en main — sans exagérer l’ampleur du bouleversement, mais sans passer sous silence les vraies nouveautés.
Un programme neuf, et tu es la première promotion
Le nouveau programme de mathématiques de seconde a été fixé par un arrêté du 26 février 2026, publié au Bulletin officiel du 2 avril. Il remplace celui de 2019, en vigueur depuis sept ans.
Attention à ne pas te tromper sur qui est concerné, parce que la réforme avance par étages :
- Cette année : la seconde et la première (spécialité comme enseignement scientifique).
- L’an prochain : la terminale. Si tu es en terminale en ce moment, ton programme ne bouge pas.
- Au collège : la cinquième cette année, la quatrième en 2027, la troisième en 2028.
Le programme s’organise désormais en quatre parties thématiques — « Nombres et calculs, algèbre », « Géométrie », « Fonctions », « Statistiques et probabilités » — et trois parties transversales, dont une entièrement nouvelle : les automatismes. On y revient plus bas, parce que c’est sans doute le changement le plus révélateur de l’esprit du texte.
La vraie surprise : les probabilités conditionnelles arrivent en seconde
C’est la nouveauté la plus spectaculaire, et celle dont personne ne parle. Les probabilités conditionnelles — calculer la probabilité d’un événement sachant qu’un autre s’est produit — étaient jusqu’ici réservées au cycle terminal. Elles entrent maintenant au programme de seconde, avec les arbres pondérés et les tableaux croisés d’effectifs.
Le programme insiste sur un point précis : savoir distinguer les deux sens du conditionnement. Autrement dit, comprendre que « la probabilité d’être malade sachant que le test est positif » et « la probabilité d’avoir un test positif sachant qu’on est malade » sont deux nombres complètement différents. Confondre les deux est l’erreur de raisonnement la plus répandue dans les médias.
Pourquoi c’est passionnant (et utile)
Dans le même esprit, tu travailleras sur des données réelles : croiser deux caractères d’une population (sexe et profession, espèce et milieu, tranche de revenus et niveau d’étude), calculer des fréquences conditionnelles et marginales, compléter un tableau croisé. C’est un premier contact avec les bases de données, et c’est très concret.
Une nouvelle fonction de référence : la valeur absolue
Dans l’ancien programme, la valeur absolue existait, mais uniquement comme outil : elle servait à exprimer la distance entre deux nombres, et le texte précisait noir sur blanc que toute autre utilisation était hors programme.
Cette année, la fonction valeur absolue rejoint les fonctions de référence, aux côtés de la fonction carré et de la fonction inverse : définition, courbe représentative, signe, variations, et résolution d’équations et d’inéquations. C’est une notion de plus à maîtriser, mais elle est très visuelle — sa courbe en forme de V se retient du premier coup d’œil.
Une notion qui entre au programme n’est pas forcément une notion plus difficile. La valeur absolue est plus simple à apprivoiser que bien des chapitres qui, eux, n’ont pas bougé.
Les statistiques montent d’un cran
C’est la partie qui gonfle le plus. Plusieurs outils qui n’étaient pas exigés en seconde apparaissent :
- le regroupement d’une série en classes, avec histogramme et polygone des fréquences cumulées ;
- le calcul d’une moyenne pondérée à partir des classes et l’estimation de la classe médiane ;
- les pourcentages de pourcentages — un grand classique des pièges de raisonnement ;
- la comparaison de deux séries en croisant les indicateurs (moyenne-écart type, médiane-écart interquartile).
Le fil conducteur est clair : on veut que tu saches lire et critiquer des chiffres, pas seulement les calculer. Évolutions successives, évolution réciproque, distinction entre un pourcentage qui exprime une proportion et un pourcentage qui exprime une évolution : ce sont exactement les compétences qu’on mobilise devant un article de presse ou un graphique de campagne.
Ce qui sort du programme
Un programme réécrit, ce n’est pas seulement des ajouts : il faut bien faire de la place. Trois retraits méritent d’être connus, surtout si tu t’entraînes sur des exercices trouvés en ligne.
🟢 Ce qui entre
Probabilités conditionnelles et arbres pondérés, tableaux croisés et fréquences conditionnelles, fonction valeur absolue, séries regroupées en classes, équations quotients, une partie « Automatismes » à part entière.
🔴 Ce qui sort
Les nombres premiers (l’arithmétique se limite désormais aux multiples, diviseurs, nombres pairs et impairs), la section échantillonnage — l’estimation d’une probabilité par une fréquence observée sur un échantillon —, et les fonctions racine carrée et cube, dont la courbe et les variations ne sont plus exigées.
🔵 Ce qui ne bouge pas
Les vecteurs et la colinéarité, les équations de droites, les intervalles et les nombres réels, les variations de fonctions, la programmation en Python, et l’essentiel du calcul algébrique. Le cœur du programme reste le même.
Une précision sur la racine carrée et le cube : ces fonctions ne disparaissent pas du paysage. Tu les rencontreras encore pour résoudre des équations. Ce sont leur étude systématique et leurs variations qui ne figurent plus parmi les attendus.
Les automatismes deviennent une partie du programme
C’est le changement le plus structurant, et il ne se voit pas dans une liste de chapitres. Le mot « automatismes » existait déjà dans l’ancien texte, mais il y était une intention générale. Il devient maintenant une partie transversale à part entière, avec une liste explicite de ce que tu dois savoir faire sans réfléchir : comparer deux nombres, manipuler fractions et puissances, estimer un ordre de grandeur, convertir des unités, développer et factoriser, passer de « augmenter de 5 % » à « multiplier par 1,05 », lire un graphique, appliquer Pythagore ou Thalès, calculer une probabilité simple.
Le programme précise que ces capacités ne feront pas l’objet d’un chapitre : elles s’entretiennent toute l’année, par des rituels et des « questions flash ». Concrètement, attends-toi à des interrogations courtes et fréquentes de calcul mental, dès les premières semaines.
La bonne nouvelle, c’est que ça se travaille
Ce virage n’a rien d’isolé. Il prolonge exactement ce qui s’est passé au brevet, où une partie « automatismes » sans calculatrice a fait son apparition. Le message est cohérent d’un bout à l’autre de la scolarité : on veut des bases de calcul solides et disponibles.
Faut-il s’inquiéter ?
Non, et pour une raison simple : l’essentiel du programme est stable. Si tu regardes la liste des chapitres, tu retrouves les mêmes grands blocs qu’avant. Les nouveautés sont réelles mais circonscrites, et elles sont compensées par des retraits. Le volume de travail n’explose pas.
Ton professeur découvre ce texte en même temps que toi, et les éditeurs ont publié de nouveaux manuels pour la rentrée. Le vrai piège n’est donc pas la difficulté : c’est de réviser sur des ressources périmées.
Attention aux annales et aux fiches d’avant 2026
Et si tu es parent ?
Deux choses à retenir. D’abord, votre enfant n’est pas « cobaye » d’une réforme risquée : il s’agit d’une réécriture, pas d’une refonte. Ensuite, si vous aidez aux devoirs en vous appuyant sur vos propres souvenirs, méfiez-vous des repères anciens — les probabilités conditionnelles, que beaucoup ont découvertes en terminale, sont désormais un chapitre de seconde.
Les textes officiels et les ressources d’accompagnement sont publics : ils sont rassemblés sur le portail Éduscol de la voie générale et technologique. C’est la source à consulter en cas de doute, plutôt qu’un forum.
À retenir
- Nouveau programme de seconde depuis la rentrée 2026 ; la première change aussi, la terminale seulement en 2027.
- Grande nouveauté : les probabilités conditionnelles et les arbres pondérés, jusqu’ici réservés au cycle terminal.
- La fonction valeur absolue devient une fonction de référence, à côté de carré et inverse.
- Les statistiques s’étoffent : séries en classes, histogrammes, pourcentages de pourcentages, tableaux croisés.
- Sortent du programme : les nombres premiers, l’échantillonnage, l’étude des fonctions racine carrée et cube.
- Les automatismes deviennent une partie officielle : calcul mental régulier, questions flash, dans la continuité du nouveau brevet.
- Le piège : réviser sur des fiches ou des annales d’avant 2026.
Prends de l’avance sur le nouveau programme
Cours, méthodes et exercices corrigés, mis à jour et classés chapitre par chapitre :