Vrai/Faux : Matrice d’adjacence et puissances

[enonce]
Pour chaque affirmation suivante sur la matrice d'adjacence et ses puissances, indiquer si elle est Vraie ou Fausse.
[/enonce]

[etape]
Affirmation : Pour un graphe orienté, la matrice d'adjacence est toujours symétrique.

[qcm]
[option]Vrai[/option]
[option correct="true"]Faux[/option]
[reponse statut="correct"]Bonne réponse !
La symétrie de la matrice n'est garantie que pour un graphe non orienté. Dans un graphe orienté, un arc de $i$ vers $j$ ne donne pas automatiquement un arc de $j$ vers $i$, donc $M_{i,j}$ et $M_{j,i}$ peuvent être différents.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non, cette affirmation est fausse.
Petit rappel : la symétrie traduit le fait qu'une arête entre $i$ et $j$ se lit dans les deux sens. C'est exactement ce qui n'arrive pas pour un graphe orienté, où le sens d'un arc compte.[/reponse]
[/qcm]

[solution]
Cette affirmation est fausse. La symétrie de la matrice d'adjacence est caractéristique des graphes non orientés ; pour un graphe orienté, $M_{i,j}$ peut différer de $M_{j,i}$.
[/solution]
[/etape]

[etape]
Affirmation : Dans la matrice d'adjacence d'un graphe non orienté simple (sans boucle, sans arêtes multiples), tous les coefficients diagonaux sont nuls.

[qcm]
[option correct="true"]Vrai[/option]
[option]Faux[/option]
[reponse statut="correct"]Exactement !
Le coefficient $M_{i,i}$ compte le nombre de boucles sur le sommet $i$ (en comptant double pour le cas non orienté). En l'absence de boucle, $M_{i,i} = 0$ pour tout $i$.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non, cette affirmation est vraie.
Attention : la diagonale $M_{i,i}$ est uniquement liée aux boucles. Sans boucle dans le graphe, aucune diagonale ne peut être non nulle.[/reponse]
[/qcm]

[solution]
Cette affirmation est vraie. La diagonale de la matrice d'adjacence ne reflète que les boucles ; sans boucle, tous les coefficients diagonaux sont nuls.
[/solution]
[/etape]

[etape]
Affirmation : Soit $M$ la matrice d'adjacence d'un graphe. Le coefficient $(M^{3})_{i,j}$ donne le nombre de chaînes de longueur au plus $3$ allant de $i$ à $j$.

[qcm]
[option]Vrai[/option]
[option correct="true"]Faux[/option]
[reponse statut="correct"]Tu as raison !
$(M^{3})_{i,j}$ donne le nombre de chaînes de longueur exactement $3$ entre $i$ et $j$. Pour les chaînes de longueur au plus $3$, il faudrait calculer $M_{i,j} + (M^{2})_{i,j} + (M^{3})_{i,j}$.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non, cette affirmation est fausse.
Il ne faut pas confondre « exactement $k$ » et « au plus $k$ ». La puissance $M^{k}$ ne concerne que les chaînes ayant exactement $k$ arêtes ; pour cumuler plusieurs longueurs, il faut additionner plusieurs puissances.[/reponse]
[/qcm]

[solution]
Cette affirmation est fausse. Le coefficient $(M^{3})_{i,j}$ donne le nombre de chaînes de longueur exactement $3$. Pour « au plus $3$ », on calcule $M + M^{2} + M^{3}$ et on lit le coefficient $(i\,;\,j)$.
[/solution]
[/etape]

[etape]
On considère un graphe à $4$ sommets dont la matrice d'adjacence est :

$M = \begin{pmatrix} 0 & 1 & 1 & 0 \\ 1 & 0 & 1 & 0 \\ 1 & 1 & 0 & 1 \\ 0 & 0 & 1 & 0 \end{pmatrix}$

Affirmation : Le sommet $3$ a pour degré $3$.

[qcm]
[option correct="true"]Vrai[/option]
[option]Faux[/option]
[reponse statut="correct"]C'est bien ça !
Le degré du sommet $3$ se lit en sommant les coefficients de la ligne (ou colonne) $3$ de $M$ : $1 + 1 + 0 + 1 = 3$.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non, cette affirmation est vraie.
Pour un graphe non orienté, le degré du sommet $i$ est la somme des coefficients de la $i$-ème ligne de $M$. Reprendre les valeurs ligne par ligne pour le sommet $3$.[/reponse]
[/qcm]

[solution]
Cette affirmation est vraie. La somme des coefficients de la troisième ligne vaut $1 + 1 + 0 + 1 = 3$, c'est le degré du sommet $3$.
[/solution]
[/etape]

[etape]
Affirmation : Si une matrice $M$ contient une ligne entièrement nulle, alors le sommet correspondant a au moins une arête dans le graphe.

[qcm]
[option]Vrai[/option]
[option correct="true"]Faux[/option]
[reponse statut="correct"]Bravo !
Une ligne entièrement nulle dans $M$ signifie justement que le sommet correspondant n'a aucune arête (ni boucle, ni arête vers un autre sommet) — il est dit isolé. C'est le contraire de l'affirmation.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non, cette affirmation est fausse.
Lecture inversée à corriger : une ligne nulle dit que le sommet n'est relié à personne. Un sommet avec au moins une arête aurait au moins un coefficient non nul sur sa ligne.[/reponse]
[/qcm]

[solution]
Cette affirmation est fausse. Une ligne nulle signifie que le sommet est isolé (sans aucune arête). C'est l'inverse qui est vrai : une ligne non nulle correspond à un sommet ayant au moins une arête.
[/solution]
[/etape]

[etape]
Affirmation : Pour un graphe non orienté simple, le coefficient $(M^{2})_{i,i}$ est égal au degré du sommet $i$.

[qcm]
[option correct="true"]Vrai[/option]
[option]Faux[/option]
[reponse statut="correct"]Parfait !
$(M^{2})_{i,i}$ compte les chaînes de longueur $2$ partant de $i$ et y revenant. Une telle chaîne est de la forme $i \to k \to i$ : elle correspond à un voisin $k$ de $i$. Le nombre de tels parcours est exactement le nombre de voisins de $i$, c'est-à-dire son degré.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non, cette affirmation est vraie.
Le calcul $(M^{2})_{i,i} = \sum_{k} M_{i,k} M_{k,i}$ se simplifie (graphe simple non orienté, $M_{k,i} = M_{i,k}$, valeurs $0$ ou $1$) en $\sum_{k} M_{i,k} = $ degré de $i$. C'est un résultat classique.[/reponse]
[/qcm]

[solution]
Cette affirmation est vraie. Pour un graphe simple non orienté, $(M^{2})_{i,i}$ compte les chaînes $i \to k \to i$, et il y en a autant que de voisins de $i$, soit le degré de $i$.
[/solution]
[/etape]

QCM Bilan : Graphes

[enonce]
Ce QCM bilan couvre l'ensemble du chapitre : matrice d'adjacence, chaînes de Markov, plus court chemin (Dijkstra), coloration (nombre chromatique) et synthèse des notions de graphes. Choisissez la bonne réponse parmi les quatre propositions.
[/enonce]

[etape]
À quoi sert l'algorithme de Dijkstra ?
[qcm]
[option]Déterminer si un graphe possède une chaîne eulérienne.[/option]
[option]Compter les chaînes de longueur fixée entre deux sommets.[/option]
[option correct="true"]Trouver un plus court chemin entre deux sommets d'un graphe pondéré à poids positifs.[/option]
[option]Calculer le nombre chromatique d'un graphe.[/option]
[reponse statut="correct"]Exactement !
L'algorithme de Dijkstra construit un plus court chemin (au sens du poids total) entre un sommet de départ et un sommet d'arrivée, à condition que tous les poids des arêtes soient positifs.[/reponse]
[reponse motif="Déterminer si un graphe possède une chaîne eulérienne."]Non.
Cette question relève du théorème d'Euler (compter les sommets de degré impair), pas d'un algorithme de plus court chemin. Dijkstra ne s'occupe que des distances pondérées.[/reponse]
[reponse motif="Compter les chaînes de longueur fixée entre deux sommets."]Non.
Le comptage des chaînes de longueur $k$ s'obtient par les puissances de la matrice d'adjacence. Dijkstra ne dénombre pas, il optimise une distance.[/reponse]
[reponse motif="Calculer le nombre chromatique d'un graphe."]Non.
Le nombre chromatique se détermine par un encadrement (degré max et sous-graphes complets) puis un coloriage explicite. Dijkstra ne traite pas la coloration.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Dijkstra fournit un plus court chemin entre deux sommets dans un graphe pondéré à poids positifs.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
À quelle hypothèse l'algorithme de Dijkstra ne fournit-il plus nécessairement la bonne réponse ?
[qcm]
[option]Le graphe est non orienté.[/option]
[option correct="true"]Certains poids des arêtes sont négatifs.[/option]
[option]Le graphe contient un cycle.[/option]
[option]Plusieurs sommets ont le même degré.[/option]
[reponse statut="correct"]Bonne réponse !
Dijkstra repose sur le principe que la distance d'un sommet déjà traité ne peut plus diminuer. En présence d'arêtes de poids négatif, cette propriété tombe : un détour par une arête de poids négatif peut raccourcir une distance déjà fixée.[/reponse]
[reponse motif="Le graphe est non orienté."]Non.
Dijkstra fonctionne aussi bien sur des graphes orientés que non orientés. Cette caractéristique ne change rien à la validité de l'algorithme.[/reponse]
[reponse motif="Le graphe contient un cycle."]Non.
La présence de cycles ne pose aucun problème tant que les poids restent positifs. L'algorithme passe simplement au sommet non traité de plus petite distance, sans se soucier des cycles.[/reponse]
[reponse motif="Plusieurs sommets ont le même degré."]Non.
Le degré ne joue aucun rôle dans l'algorithme : seules les distances et les poids des arêtes sont utilisés. Avoir des degrés égaux n'a aucun effet sur le résultat.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Dijkstra suppose que tous les poids sont positifs ; en présence de poids négatifs, il peut renvoyer une réponse fausse.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
Que désigne le nombre chromatique d'un graphe ?
[qcm]
[option]Le nombre total d'arêtes du graphe.[/option]
[option]Le degré le plus élevé parmi tous les sommets.[/option]
[option correct="true"]Le plus petit nombre de couleurs nécessaire pour colorier les sommets sans que deux sommets adjacents partagent une même couleur.[/option]
[option]Le nombre de sommets que l'on peut isoler dans un sous-graphe complet.[/option]
[reponse statut="correct"]C'est bien ça !
Le nombre chromatique, noté $\chi$, est le minimum du nombre de couleurs permettant un coloriage propre du graphe (sommets adjacents toujours de couleurs distinctes).[/reponse]
[reponse motif="Le nombre total d'arêtes du graphe."]Non.
Le nombre d'arêtes ne dépend que de la structure du graphe, pas du coloriage. Le nombre chromatique mesure une difficulté de coloriage, pas une quantité combinatoire d'arêtes.[/reponse]
[reponse motif="Le degré le plus élevé parmi tous les sommets."]Non.
Le degré maximum $d_{\max}$ sert à majorer le nombre chromatique ($\chi \leqslant d_{\max} + 1$), mais il ne lui est pas égal en général.[/reponse]
[reponse motif="Le nombre de sommets que l'on peut isoler dans un sous-graphe complet."]Non.
La taille du plus grand sous-graphe complet (clique) minore le nombre chromatique, mais ne le donne pas exactement. Pour certains graphes, $\chi$ est strictement supérieur à cette taille.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Le nombre chromatique est le plus petit nombre de couleurs permettant un coloriage propre des sommets.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
Soit un graphe dont le degré maximal vaut $d_{\max} = 4$ et qui contient un sous-graphe complet à $3$ sommets (un triangle). Que peut-on affirmer sur son nombre chromatique $\chi$ ?
[qcm]
[option]$\chi = 3$.[/option]
[option]$\chi = 5$.[/option]
[option correct="true"]$3 \leqslant \chi \leqslant 5$.[/option]
[option]$\chi = 4$.[/option]
[reponse statut="correct"]Tu as raison !
On a deux encadrements : le sous-graphe complet à $3$ sommets impose $\chi \geqslant 3$ ; le théorème de majoration donne $\chi \leqslant d_{\max} + 1 = 5$. Donc $\chi$ est compris entre $3$ et $5$, sans pouvoir être déterminé exactement à ce stade.[/reponse]
[reponse motif="$\chi = 3$."]Non.
La présence d'un triangle assure $\chi \geqslant 3$, mais pas l'égalité. Selon la structure du graphe, $\chi$ peut très bien valoir $4$ ou $5$.[/reponse]
[reponse motif="$\chi = 5$."]Non.
La valeur $5$ est seulement la borne supérieure donnée par $d_{\max} + 1$. Cette borne n'est pas toujours atteinte : la plupart des graphes ont un nombre chromatique strictement inférieur.[/reponse]
[reponse motif="$\chi = 4$."]Non.
Sans information supplémentaire, on ne peut conclure à l'égalité $\chi = 4$. Les seules informations sûres sont les bornes : $3 \leqslant \chi \leqslant 5$.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Avec un sous-graphe complet à $3$ sommets, $\chi \geqslant 3$. Avec $d_{\max} = 4$, $\chi \leqslant 5$. Donc $3 \leqslant \chi \leqslant 5$.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
Lors de l'application de l'algorithme de Dijkstra, comment choisit-on à chaque étape le prochain sommet à traiter ?
[qcm]
[option]On prend le sommet de plus grand degré non encore traité.[/option]
[option correct="true"]On prend le sommet non encore traité ayant la plus petite distance provisoire.[/option]
[option]On prend un sommet adjacent au sommet de départ pris au hasard.[/option]
[option]On prend le sommet de plus petit numéro non encore traité.[/option]
[reponse statut="correct"]Bravo !
À chaque étape, on sélectionne parmi les sommets non encore traités celui dont la distance provisoire au sommet de départ est minimale. Une fois ce sommet choisi, on met à jour les distances de ses voisins.[/reponse]
[reponse motif="On prend le sommet de plus grand degré non encore traité."]Non.
Le degré d'un sommet ne participe pas à l'algorithme. Dijkstra utilise uniquement les distances provisoires et les poids des arêtes.[/reponse]
[reponse motif="On prend un sommet adjacent au sommet de départ pris au hasard."]Non.
Le choix doit être déterministe pour garantir un plus court chemin. Prendre un voisin au hasard ne garantit pas que sa distance soit minimale parmi les sommets non encore traités.[/reponse]
[reponse motif="On prend le sommet de plus petit numéro non encore traité."]Non.
Le numéro du sommet ne joue aucun rôle dans l'algorithme. Le critère de sélection est la plus petite distance provisoire courante.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
À chaque étape, on choisit le sommet non encore traité ayant la plus petite distance provisoire au sommet de départ.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
Lequel des énoncés suivants est faux ?
[qcm]
[option]Pour un graphe non orienté simple, la matrice d'adjacence est symétrique.[/option]
[option]Le nombre chromatique d'un graphe est toujours inférieur ou égal à $d_{\max} + 1$.[/option]
[option correct="true"]Tout graphe connexe admet une chaîne eulérienne.[/option]
[option]Le coefficient $(M^{2})_{i,j}$ donne le nombre de chaînes de longueur $2$ allant de $i$ à $j$.[/option]
[reponse statut="correct"]Exactement !
Cet énoncé est faux : la connexité ne suffit pas. Il faut en plus que le graphe ait $0$ ou $2$ sommets de degré impair (théorème d'Euler). Les trois autres propositions correspondent à des résultats du cours.[/reponse]
[reponse motif="Pour un graphe non orienté simple, la matrice d'adjacence est symétrique."]Non, cette affirmation est vraie : pour un graphe non orienté, $M_{i,j} = M_{j,i}$ par définition. Cherche plutôt un énoncé qui contredit le cours.[/reponse]
[reponse motif="Le nombre chromatique d'un graphe est toujours inférieur ou égal à $d_{\max} + 1$."]Non, cette affirmation est vraie : c'est précisément le théorème de majoration du nombre chromatique. L'erreur recherchée se trouve dans une autre proposition.[/reponse]
[reponse motif="Le coefficient $(M^{2})_{i,j}$ donne le nombre de chaînes de longueur $2$ allant de $i$ à $j$."]Non, cette affirmation est vraie : c'est l'application directe du théorème sur les puissances de la matrice d'adjacence, avec $k = 2$.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
L'énoncé faux est : « Tout graphe connexe admet une chaîne eulérienne. » La connexité est nécessaire mais non suffisante : il faut aussi $0$ ou $2$ sommets de degré impair.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
Soit $M$ la matrice d'adjacence d'un graphe non orienté simple à $4$ sommets, dans lequel on lit $\left(M^{3}\right)_{1,2} = 5$. Que représente ce coefficient ?
[qcm]
[option]Le nombre d'arêtes reliant directement le sommet $1$ au sommet $2$.[/option]
[option correct="true"]Le nombre de chaînes de longueur $3$ reliant le sommet $1$ au sommet $2$.[/option]
[option]La distance minimale entre le sommet $1$ et le sommet $2$.[/option]
[option]Le degré commun des sommets $1$ et $2$.[/option]
[reponse statut="correct"]Exactement !
Le coefficient $\left(M^{k}\right)_{i,j}$ donne le nombre de chaînes de longueur $k$ reliant le sommet $i$ au sommet $j$. Ici $k = 3$ : il y a donc $5$ chaînes de longueur $3$ entre les sommets $1$ et $2$.[/reponse]
[reponse motif="Le nombre d'arêtes reliant directement le sommet $1$ au sommet $2$."]Non.
C'est le coefficient $M_{1,2}$ (la matrice elle-même, soit $M^{1}$) qui compte les arêtes directes, c'est-à-dire les chaînes de longueur $1$. Ici la puissance est $3$.[/reponse]
[reponse motif="La distance minimale entre le sommet $1$ et le sommet $2$."]Non.
Les puissances de la matrice d'adjacence comptent des chaînes ; elles ne mesurent pas une distance. La distance minimale relèverait d'un graphe pondéré et de l'algorithme de Dijkstra.[/reponse]
[reponse motif="Le degré commun des sommets $1$ et $2$."]Non.
Le degré d'un sommet se lit sur la somme d'une ligne de $M$, pas sur un coefficient de $M^{3}$. Ce coefficient compte des chaînes de longueur $3$.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Le coefficient $\left(M^{k}\right)_{i,j}$ compte les chaînes de longueur $k$ entre $i$ et $j$ : ici, les chaînes de longueur $3$ entre les sommets $1$ et $2$.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
Pour une chaîne de Markov de matrice de transition $P$ et de distribution initiale $\pi_0$, par quelle relation obtient-on la distribution $\pi_n$ après $n$ étapes ?
[qcm]
[option]$\pi_n = P^n \times \pi_0$.[/option]
[option correct="true"]$\pi_n = \pi_0 \times P^n$.[/option]
[option]$\pi_n = \pi_0 + n\,P$.[/option]
[option]$\pi_n = \pi_0 \times P \times n$.[/option]
[reponse statut="correct"]Bien vu !
La distribution $\pi_n$ est un vecteur ligne : on multiplie la distribution initiale (à gauche) par la puissance $n$-ième de la matrice de transition, soit $\pi_n = \pi_0 \times P^n$.[/reponse]
[reponse motif="$\pi_n = P^n \times \pi_0$."]Non.
$\pi_0$ est un vecteur ligne : il se place à gauche de $P^n$. L'écriture $P^n \times \pi_0$ n'a pas le bon format de produit matriciel.[/reponse]
[reponse motif="$\pi_n = \pi_0 + n\,P$."]Non.
L'évolution d'une chaîne de Markov est multiplicative (produit par $P$ à chaque étape), pas additive. On n'ajoute jamais la matrice de transition à la distribution.[/reponse]
[reponse motif="$\pi_n = \pi_0 \times P \times n$."]Non.
Passer de $\pi_0$ à $\pi_n$ revient à appliquer $n$ fois la transition, donc à multiplier par $P^n$, et non par $P$ puis par le nombre $n$.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
On a $\pi_n = \pi_0 \times P^n$ : le vecteur ligne initial multiplié par la puissance $n$-ième de la matrice de transition.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

QCM : Matrice d’adjacence et puissances

[enonce]
Ce QCM porte sur la matrice d'adjacence d'un graphe et l'interprétation de ses puissances. Pour chaque question, choisissez la bonne réponse parmi les quatre propositions.
[/enonce]

[etape]
Soit un graphe non orienté à $n$ sommets, sans boucle ni arête multiple. Quelle propriété sa matrice d'adjacence $M$ vérifie-t-elle toujours ?
[qcm]
[option]Elle est diagonale.[/option]
[option correct="true"]Elle est symétrique et ne contient que des $0$ et des $1$.[/option]
[option]Elle est triangulaire supérieure.[/option]
[option]Sa somme de coefficients vaut $n$.[/option]
[reponse statut="correct"]Tu as raison !
Pour un graphe non orienté, l'arête entre $i$ et $j$ apparaît symétriquement : $M_{i,j} = M_{j,i}$. L'absence de boucle et d'arêtes multiples impose des coefficients dans $\{0\,;\,1\}$.[/reponse]
[reponse motif="Elle est diagonale."]Non.
Une matrice diagonale n'a des coefficients qu'en position $(i\,;\,i)$. Or l'absence de boucle impose justement $M_{i,i} = 0$ : la matrice est presque toujours hors diagonale.[/reponse]
[reponse motif="Elle est triangulaire supérieure."]Non.
Pour un graphe non orienté, la matrice est symétrique, donc les coefficients sous la diagonale sont identiques à ceux du dessus. Une matrice triangulaire conviendrait pour un graphe orienté très particulier, pas pour le cas général non orienté.[/reponse]
[reponse motif="Sa somme de coefficients vaut $n$."]Non.
La somme des coefficients de $M$ vaut $2 \times \text{(nombre d'arêtes)}$ pour un graphe non orienté simple, et n'a aucune raison de coïncider avec l'ordre $n$ du graphe.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
La matrice d'un graphe non orienté simple est symétrique et à coefficients dans $\{0\,;\,1\}$.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
Dans un graphe non orienté, le sommet numéroté $3$ porte une boucle (et pas d'autre arête issue de lui). Que vaut le coefficient $M_{3,3}$ de la matrice d'adjacence ?
[qcm]
[option]$0$[/option]
[option]$1$[/option]
[option correct="true"]$2$[/option]
[option]$3$[/option]
[reponse statut="correct"]Exactement !
Dans un graphe non orienté, une boucle compte $2$ sur la diagonale. C'est cohérent avec la règle « le degré d'un sommet est obtenu en sommant la ligne (ou la colonne) correspondante » : la boucle contribue $2$ au degré.[/reponse]
[reponse motif="$0$"]Non.
Cela reviendrait à ignorer la boucle. Or la boucle est bien une arête du graphe et elle se traduit par un coefficient non nul sur la diagonale.[/reponse]
[reponse motif="$1$"]Non.
Le piège est de compter la boucle comme une simple arête. Dans le cas non orienté, on convient qu'une boucle contribue deux fois au coefficient diagonal pour rester cohérent avec le calcul du degré.[/reponse]
[reponse motif="$3$"]Non.
La règle ne dépend pas du numéro du sommet : peu importe que le sommet soit le $3$ ou un autre, une boucle non orientée vaut toujours $2$ sur la diagonale.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Dans un graphe non orienté, une boucle ajoute $2$ au coefficient diagonal correspondant.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
Soit $M$ la matrice d'adjacence d'un graphe et soit $k \geqslant 1$ un entier. Que représente le coefficient $(M^{k})_{i,j}$ ?
[qcm]
[option]Le nombre de chemins de longueur au plus $k$ entre $i$ et $j$.[/option]
[option correct="true"]Le nombre de chaînes de longueur exactement $k$ reliant $i$ à $j$.[/option]
[option]La distance minimale entre $i$ et $j$.[/option]
[option]Le nombre d'arêtes communes à $i$ et $j$.[/option]
[reponse statut="correct"]C'est bien ça !
D'après le théorème du cours, $(M^{k})_{i,j}$ donne le nombre de chaînes de longueur exactement $k$ allant de $i$ à $j$. Pour les chaînes de longueur au plus $k$, on additionne $M, M^{2}, \dots, M^{k}$.[/reponse]
[reponse motif="Le nombre de chemins de longueur au plus $k$ entre $i$ et $j$."]Non.
Confusion classique entre « exactement $k$ » et « au plus $k$ ». Pour obtenir le nombre de chaînes de longueur au plus $k$, il faut additionner les coefficients correspondants des matrices $M, M^{2}, \ldots, M^{k}$.[/reponse]
[reponse motif="La distance minimale entre $i$ et $j$."]Non.
La distance minimale est obtenue par d'autres méthodes (parcours en largeur, Dijkstra...). $(M^{k})_{i,j}$ compte des chaînes, il ne mesure pas un plus court chemin.[/reponse]
[reponse motif="Le nombre d'arêtes communes à $i$ et $j$."]Non.
Le nombre d'arêtes reliant directement $i$ à $j$ est lu dans $M$ lui-même (cas $k = 1$), pas dans $M^{k}$ pour $k \geqslant 2$.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Le coefficient $(M^{k})_{i,j}$ donne le nombre de chaînes de longueur exactement $k$ entre les sommets $i$ et $j$.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
Pour un graphe à $5$ sommets, on a calculé $(M^{2})_{1,4} = 3$. Comment interpréter ce résultat ?
[qcm]
[option]Il existe $3$ chaînes de longueur au plus $2$ allant de $1$ à $4$.[/option]
[option correct="true"]Il existe $3$ chaînes de longueur exactement $2$ allant de $1$ à $4$.[/option]
[option]Le sommet $1$ a $3$ voisins en commun avec le sommet $4$.[/option]
[option]Le sommet $1$ est à distance $3$ du sommet $4$.[/option]
[reponse statut="correct"]Bonne réponse !
Une chaîne de longueur $2$ entre $1$ et $4$ est de la forme $1 \to k \to 4$ où $k$ est un sommet intermédiaire. Le coefficient $(M^{2})_{1,4} = 3$ signifie qu'il y a exactement $3$ tels parcours.[/reponse]
[reponse motif="Il existe $3$ chaînes de longueur au plus $2$ allant de $1$ à $4$."]Non.
$(M^{2})_{i,j}$ ne compte que les chaînes de longueur exactement $2$. Pour obtenir « au plus $2$ », il faut ajouter $M_{1,4}$ (les arêtes directes) au résultat.[/reponse]
[reponse motif="Le sommet $1$ a $3$ voisins en commun avec le sommet $4$."]Non.
Cette interprétation est juste pour un graphe non orienté simple (sans boucle ni arêtes multiples) : les voisins communs correspondent alors aux sommets intermédiaires des chaînes de longueur $2$. Mais en présence de boucles ou d'arêtes multiples, ce n'est plus vrai. La lecture officielle reste : « nombre de chaînes de longueur exactement $2$ ».[/reponse]
[reponse motif="Le sommet $1$ est à distance $3$ du sommet $4$."]Non.
Le coefficient calculé est $3$, mais il quantifie un nombre de chaînes, pas la longueur d'une chaîne. La distance correspondrait à la plus petite valeur de $k$ telle que $(M^{k})_{1,4} > 0$.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
$(M^{2})_{1,4} = 3$ signifie qu'il existe $3$ chaînes de longueur exactement $2$ allant de $1$ à $4$.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
On considère le graphe orienté à $3$ sommets dont la matrice d'adjacence (lignes et colonnes dans l'ordre $1$, $2$, $3$) est :

$M = \begin{pmatrix} 0 & 1 & 0 \\ 0 & 0 & 1 \\ 1 & 0 & 0 \end{pmatrix}$

Combien existe-t-il d'arcs partant de $2$ et arrivant à $3$ ?
[qcm]
[option]$0$[/option]
[option correct="true"]$1$[/option]
[option]$2$[/option]
[option]Impossible à dire sans la figure.[/option]
[reponse statut="correct"]Bravo !
La matrice $M$ se lit ligne par ligne : à la ligne $2$, colonne $3$, on lit $M_{2,3} = 1$. Il y a donc exactement un arc de $2$ vers $3$.[/reponse]
[reponse motif="$0$"]Non.
Lire $M_{2,3}$ revient à regarder la $2$-ème ligne et la $3$-ème colonne. Il faut bien repérer la ligne (sommet d'origine) avant la colonne (sommet d'arrivée).[/reponse]
[reponse motif="$2$"]Non.
Cette valeur n'apparaît pas dans la matrice : tous les coefficients valent $0$ ou $1$. Vérifier l'emplacement (ligne $2$, colonne $3$) avant de lire le coefficient.[/reponse]
[reponse motif="Impossible à dire sans la figure."]Non.
La matrice d'adjacence donne une description complète du graphe : il n'est pas nécessaire de disposer de la figure pour répondre. Le coefficient $M_{i,j}$ donne directement le nombre d'arcs de $i$ à $j$.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
On lit $M_{2,3}$ à l'intersection de la deuxième ligne et de la troisième colonne ; il vaut $1$.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
Soit $M$ la matrice d'adjacence d'un graphe non orienté à $4$ sommets. Comment obtient-on le nombre de chaînes de longueur au plus $3$ reliant $i$ à $j$ ?
[qcm]
[option]On lit le coefficient $(M^{3})_{i,j}$.[/option]
[option correct="true"]On calcule $M_{i,j} + (M^{2})_{i,j} + (M^{3})_{i,j}$.[/option]
[option]On élève $M$ à la puissance $3$ et on multiplie par $3$.[/option]
[option]On somme tous les coefficients de $M^{3}$.[/option]
[reponse statut="correct"]Tout à fait !
Pour compter les chaînes de longueur $1$, $2$ ou $3$, on additionne le coefficient $(i\,;\,j)$ des matrices $M$, $M^{2}$ et $M^{3}$. Chaque puissance compte exactement les chaînes de la longueur correspondante.[/reponse]
[reponse motif="On lit le coefficient $(M^{3})_{i,j}$."]Non.
Ce coefficient ne compte que les chaînes de longueur exactement $3$. Pour avoir « au plus $3$ », il faut aussi prendre en compte les longueurs $1$ et $2$.[/reponse]
[reponse motif="On élève $M$ à la puissance $3$ et on multiplie par $3$."]Non.
Multiplier par $3$ n'a pas de sens combinatoire : cela triple artificiellement le nombre de chaînes de longueur $3$ et ignore complètement les longueurs inférieures.[/reponse]
[reponse motif="On somme tous les coefficients de $M^{3}$."]Non.
Cela donne le nombre total de chaînes de longueur exactement $3$ dans le graphe (toutes origines et destinations confondues), pas celles entre les deux sommets précis $i$ et $j$.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Pour les chaînes de longueur au plus $k$, on additionne les coefficients $(i\,;\,j)$ des matrices $M, M^{2}, \dots, M^{k}$.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

Graphes – Bac blanc ES/L Sujet 3 – Maths-cours 2018 (spé)

Pour chacune des cinq affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse en justifiant la réponse.
Il est attribué un point par réponse exacte correctement justifiée.
Une réponse non justifiée n'est pas prise en compte.

On modélise le plan d'un village à l'aide du graphe (G) ci-dessous :

modélisation à l'aide d'un graphe

Les sommets du graphe (G) représentent les carrefours et les arêtes du graphe schématisent les routes reliant ces carrefours.

  • Affirmation 1 : Le graphe (G) est connexe.
  • Affirmation 2 : Le graphe (G) contient un sous-graphe complet d'ordre 4.
  • Affirmation 3 : Une personne peut parcourir toutes les routes du village sans emprunter plusieurs fois la même route.
  • Affirmation 4 : Il y a exactement 5 trajets de trois routes reliant les carrefours C et E.
    On pourra utiliser la calculatrice pour justifier la réponse à l'aide d'un calcul matriciel.

On pondère le graphe (G) par les longueurs, en centaines de mètres, de chacune des routes :

graphe pondéré
  • Affirmation 5 : Le plus court chemin menant de A à D mesure 700 mètres .
    On justifiera la réponse à l'aide d'un algorithme.

Corrigé

  • Affirmation 1 : Le graphe (G) est connexe : EXACT.

    Un graphe est connexe si et seulement si on peut relier deux quelconques de ses sommets par une chaîne.

    C'est bien le cas ici donc le graphe (G) est connexe.

  • Affirmation 2 : Le graphe (G) contient un sous-graphe complet d'ordre 4 : EXACT.

    Considérons le sous-graphe d'ordre 4 composé des sommets B, D, E et F. Chacun de ces sommets est relié aux trois autres.
    Ce sous-graphe est donc complet.

  • Affirmation 3 : Une personne peut parcourir toutes les routes du village sans emprunter plusieurs fois la même route : EXACT.

    La question revient à déterminer s'il existe une chaîne qui contient une fois et une seule chacune des arêtes du graphe c'est à dire une chaîne eulérienne.

    Or, d'après le théorème d'Euler, un graphe connexe contient une chaîne eulérienne si et seulement s'il possède 0 ou 2 sommets de degré impair.

    Le tableau ci-après recense le degré de chacun des sommets :

    Sommet A B C D E F
    Degré 2 5 2 4 4 3

    Le graphe (G) possède deux sommets de degré impair : B et F. Il existe donc au moins un trajet qui emprunte une fois et une seule chacune des routes du graphe.
    Ces trajets ont nécessairement comme extrémités B et F ; par exemple : B-C-D-E-A-B-E-F-D-B-F.

  • Affirmation 4 : Il y a exactement 5 trajets de trois routes reliant les carrefours C et E: EXACT.

    La matrice d'adjacence du graphe (G) obtenue en classant les sommets par ordre alphabétique est :

    $ M = \begin{pmatrix} 0 &1 &0 &0 &1 &0 \\ 1 &0 &1 &1 &1 &1 \\ 0 &1 &0 &1 &0 &0 \\ 0 &1 &1 &0 &1 &1 \\ 1 &1 &0 &1 &0 &1\\ 0 &1 &0 &1 &1 &0 \end{pmatrix} $

    Pour obtenir le nombre de chemins de trois routes reliant deux sommets on calcule $ M^3 $.

    À la calculatrice, on trouve :

    $ M^3 = \begin{pmatrix} 2 &8 &3 &5 &7 &4 \\ 8 &10 &8 &11 &11 &11 \\ 3 &8 &2 &7 &5 &4 \\ 5 &11 &7 &8 &11 &9 \\ 7 &11 &5 &11 &8 &9\\ 4 &11 &4 &9 &9 &6 \end{pmatrix} $

    Le nombre de chemins de trois routes, reliant C à E, est le coefficient de $ M^3 $ situé sur la troisième ligne (correspondant au sommet de départ C) et la cinquième colonne (correspondant au sommet d'arrivé E).

    Il y a donc bien 5 trajets de trois routes reliant les carrefours C et E.

    En pratique

    Soit $ M $ la matrice d'adjacence d'un graphe G. Pour déterminer le nombre de chemins de longueur $n$ reliant deux sommets du graphe on calcule $ M^n $ .

    Le coefficient de la matrice $ M^n $ situé à la $ i $-ème ligne et à la $ j $-ème colonne indique le nombre de chemins de longueur $ n $ menant du sommet numéro $ i $ au sommet numéro $ j $.

  • Affirmation 5 : Le plus court chemin menant de A à D mesure 700 mètres : FAUX.

    On utilise l'algorithme de Dijkstra en partant de A :

    algorithme de Dijkstra

    Le trajet le plus court menant de A à D mesure 6 centaines de mètres soit 600 mètres.

    Il s'agit du trajet A-B-F-D.

    Pour plus de détails sur la méthode employée dans cette question se reporter à la fiche consacrée à l'algorithme de Dijkstra.

Graphes – Bac blanc ES Sujet 1 – Maths-cours 2018 (spé)

Un appartement comporte 6 pièces notées A, B, C, D, E et F.

Le plan ci-après présente la disposition des pièces ainsi que les portes de communication entre ces pièces.

Plan et graphes

Par exemple, il y a une porte de communication entre les pièces A et B mais il n'y en a pas entre les pièces B et E.

La porte donnant accès à l'appartement est sans importance dans le cadre de l'exercice et n'a pas été représentée.

Toutes les réponses aux questions posées devront être justifiées.

    1. Traduire la situation à l'aide d'un graphe (G) dont les sommets représentent les pièces et dont les arêtes représentent les portes de communication.
    2. Le graphe (G) est-il connexe ? complet ?
    1. Est-il possible de parcourir l'appartement en empruntant chaque porte une fois et une seule ?
      Si oui, donner un exemple d'un tel chemin.
    2. Est-il possible de parcourir l'appartement en empruntant chaque porte une fois et une seule et en partant et en arrivant dans la même pièce ?
      Si oui, donner un exemple d'un tel chemin.
  1. Déterminer la matrice d'adjacence $ M $ associée au graphe précédent en prenant les sommets par ordre alphabétique.
  2. À l'aide d'une calculatrice on trouve :

    $ M^3 = \begin{pmatrix} 2 &5 &2 &3 &7 &4 \\ 5 &0 &5 &2 &2 &2 \\ 2 &5 &2 &4 &7 &3 \\ 3 &2 &4 &2 &5 &2 \\ 7 &2 &7 &5 &4 &5\\ 4 &2 &3 &2 &5 &2 \end{pmatrix} $
    1. Combien existe-t-il de chemins permettant d'aller de la pièce A à la pièce D en empruntant exactement trois portes ?
      Donner la liste de ces chemins.
    2. Est-il toujours possible de relier deux pièces différentes en empruntant exactement trois portes ?
    1. Montrer qu'il existe au moins un sous-graphe complet de (G) d'ordre 3.
    2. Le propriétaire souhaite repeindre l'appartement en respectant les règles suivantes :

      • chaque pièce sera repeinte avec une couleur unique ;
      • deux pièces adjacentes, c'est à dire reliées par une porte, seront repeintes avec des couleurs différentes.

      Pourra-t-il réaliser ces objectifs en utilisant seulement trois couleurs ?

Corrigé

    1. On place d'abord les sommets A, B, C, D, E et F qui représentent les pièces et on relie, par des arêtes, les pièces qui communiquent : A-B, A-E, A-F, B-C, C-D, C-E, D-E, E-F.

      Graphe communications entre pièces
    2. Le graphe est connexe. En effet, un graphe est connexe si deux sommets quelconques peuvent être reliés par une chaîne ce qui est le cas ici.

      Le graphe n'est pas complet. Un graphe non orienté est complet si et seulement si tous ses sommets sont reliés par une arête. Ce n'est pas le cas ici pour A et C par exemple.

      À retenir

      Un graphe est complet si et seulement si tous ses sommets sont deux à deux adjacents (c'est à dire reliés par une arête).

      Un graphe est connexe si et seulement si deux sommets quelconques peuvent être reliés par une chaîne (intuitivement cela signifie que le graphe est en « un seul morceau »).

    1. On recherche s'il existe une chaîne eulérienne, c'est à dire une chaîne qui contient une fois et une seule chacune des arêtes du graphe.

      D'après le théorème d'Euler, un graphe connexe contient une chaîne eulérienne si et seulement s'il possède 0 ou 2 sommets de degré impair.

      Le degré de chacun des sommets est donné par le tableau ci-après :

      Sommet A B C D E F
      Degré 3 2 3 2 4 2

      Le graphe (G) possède deux sommets de degré impair : A et C.

      Il est donc possible de parcourir l'appartement en empruntant chacune des 8 portes une fois et une seule, par exemple en suivant le trajet : A-B-C-D-E-F-A-E-C.

      Théorème

      À retenir

      Une chaîne eulérienne est une chaîne qui contient une fois et une seule chacune des arêtes du graphe.

      Trouver un chemin qui emprunte chaque arête une fois et une seule revient à trouver une chaîne eulérienne.

      Un graphe connexe admet une chaîne eulérienne si et seulement s'il possède 0 ou 2 sommet(s) de degré impair.

    2. Dans cette question, on recherche l'existence d'un cycle eulérien (un cycle est une chaîne fermée).

      Or, d'après le théorème d'Euler, un graphe connexe contient un cycle eulérien si et seulement s'il ne possède aucun sommet de degré impair.

      Ici, A et C sont de degré impair. Toute chaîne eulérienne aura pour extrémités A et C et ne sera donc pas un cycle.

      Par conséquent, il n'est pas possible de parcourir l'appartement en empruntant chaque porte une fois et une seule et en partant et en arrivant dans la même pièce.

      Théorème

      À retenir

      Un cycle eulérien est une chaîne fermée qui contient une fois et une seule chacune des arêtes du graphe.

      Trouver un chemin qui emprunte chaque arête une fois et une seule et dont les sommets de départ et d'arrivée sont identiques revient à trouver un cycle eulérien.

      Un graphe connexe admet un cycle eulérien si et seulement s'il ne possède aucun sommet de degré impair.

  1. Numérotons les pièces A: 1, B: 2, C: 3, D: 4, E: 5, F: 6.
    La matrice d'adjacence $ M $ associée au graphe précédent s'obtient en plaçant à la $ i $-ième ligne et à la $ j $-ième colonne :

    • un « 1 » si les pièces numérotées $ i $ et $ j $ sont reliés par une arête ;
    • un « 0 » sinon.

    On obtient alors la matrice :

    $ M = \begin{pmatrix} 0 &1 &0 &0 &1 &1 \\ 1 &0 &1 &0 &0 &0 \\ 0 &1 &0 &1 &1 &0 \\ 0 &0 &1 &0 &1 &0 \\ 1 &0 &1 &1 &0 &1\\ 1 &0 &0 &0 &1 &0 \end{pmatrix} $
    1. Le coefficient de $ M^3 $ situé à la $ i $-ième ligne et à la $ j $-ième colonne indique le nombre de chemins de trois arêtes menant du sommet numéro $ i $ au sommet numéro $ j $.

      Ici, le coefficient situé à la première ligne et à la quatrième colonne est 3. Il y a donc 3 chemins permettant d'aller de la pièce A à la pièce D en empruntant exactement trois portes.

      À l'aide du graphe, on trouve les chemins : A-B-C-D, A-E-C-D et A-F-E-D.

      Théorème

      À retenir

      Le coefficient de la matrice $ M^n $ situé à la $ i $-ième ligne et à la $ j $-ième colonne correspond au nombre de chemins de longueur $ n $ menant du sommet numéro $ i $ au sommet numéro $ j $.

    2. La matrice $ M^3 $ comporte un unique coefficient nul situé en ligne 2 et en colonne 2. Cela signifie qu'il n'est pas possible de partir de la pièce B pour revenir à la pièce B en empruntant exactement 3 portes mais que, mis à part ce cas, il est toujours possible de joindre deux pièces en empruntant exactement 3 portes.

      Comme l'énoncé précise deux pièces différentes, il est effectivement toujours possible de joindre deux pièces différentes en empruntant exactement trois portes.

    1. Considérons le sous-graphe constitué des sommets A, E et F. Chacun de ces trois sommets est relié aux deux autres, donc ce sous-graphe est complet. Le sous-graphe constitué de C, E et D est lui-aussi complet.
    2. Il est possible de repeindre les pièces en respectant les consignes de l'énoncé et avec seulement trois couleurs.

      Le sous-graphe A, E et F étant complet, il faudra nécessairement trois couleurs différentes pour peindre ces trois pièces.
      Il en est de même pour les pièces C, E et D.

      En respectant ces contraintes, il est facile de trouver une solution au problème posé ; par exemple (mais il y a d'autres solutions ...) :

      Couleur 1 : E, B
      Couleur 2 : A, C
      Couleur 3 : F, D.

Graphes – Trajet minimal – Bac ES Polynésie française 2008

Une grande ville a mis en place un système de location de bicyclettes en libre service.

Un abonné peut ainsi louer une bicyclette dans une station puis la déposer dans n'importe quelle station de son choix.

La ville compte sept stations de location nommées A, B, C, D, E, F et G.

Les stations sont reliées entre elles par une piste cyclable et les temps de parcours en minutes sont indiqués sur le graphe ci-dessous.

Bac ES Polynésie française 2008
  1. Philippe, cycliste très prudent, décide de visiter cette ville en n'empruntant que des pistes cyclables.

    1. A-t-il la possibilité d'effectuer un parcours empruntant une fois et une seule toutes les pistes cyclables ? Justifier la réponse.
    2. A la fin de ce parcours, pourra-t-il rendre sa bicyclette dans la station de départ ? Justifier la réponse.
  2. On appelle M la matrice associée à ce graphe. On donne deux matrices N et T :

    $ N=\begin{pmatrix}4 & 9 & 8 & 5 & 5 & 9 & 2 \\ 9 & 6 & 10 & 7 & 10 & 6 & 4 \\ 8 & 10 & 8 & 5 & 10 & 9 & 4 \\ 5 & 7 & 5 & 2 & 8 & 4 & 5 \\ 5 & 10 & 10 & 8 & 6 & 11 & 2 \\ 9 & 6 & 9 & 4 & 11 & 4 & 6 \\ 2 & 4 & 4 & 5 & 2 & 6 & 0 \end{pmatrix} $
    $ T=\begin{pmatrix} 4 & 9 & 8 & 4 & 5 & 9 & 1 \\ 9 & 6 & 10 & 6 & 10 & 6 & 4 \\ 8 & 10 & 8 & 4 & 10 & 9 & 4 \\ 5 & 7 & 5 & 2 & 8 & 4 & 5 \\ 5 & 8 & 10 & 8 & 6 & 11 & 0 \\ 9 & 6 & 9 & 4 & 11 & 4 & 6 \\ 1 & 4 & 4 & 5 & 0 & 6 & 0 \end{pmatrix} $
    1. Une des deux matrices N ou T est la matrice M³. Sans calculs, indiquer quelle est la matrice M³ en justifiant la réponse.
    2. Philippe a loué une bicyclette à la station F et l'a rendue à la station E. Au cours de son déplacement, il est passé exactement deux fois devant une station. Combien de trajets différents a-t-il pu suivre ? Expliquer.
  3. Le lendemain, il envisage de rejoindre le plus rapidement possible la station $ G $ en partant de la station A.
    À l'aide d'un algorithme, déterminer un tel parcours et donner alors le temps nécessaire pour l'effectuer.

Corrigé

    1. Pour déterminer s'il est possible d'effectuer un tel parcours (chaîne eulérienne), on calcule le degré de chaque sommet :

      • A : 3 (relié à B, C, F)
      • B : 4 (relié à A, C, D, E)
      • C : 4 (relié à A, B, E, F)
      • D : 3 (relié à B, E, G)
      • E : 4 (relié à B, C, D, F)
      • F : 4 (relié à A, C, E, G)
      • G : 2 (relié à D, F)

      Le graphe possède exactement 2 sommets de degré impair (A et D).
      Or, d'après le théorème d'Euler, un graphe admet une chaîne eulérienne si et seulement si le nombre de sommets de degré impair est égal à 0 ou 2.
      Philippe a donc la possibilité d'effectuer un tel parcours (en commençant par A et en finissant par D, ou inversement).

    2. Un parcours revenant à la station de départ en empruntant chaque piste une seule fois correspond à un cycle eulérien.
      L'existence d'un cycle eulérien nécessite que tous les sommets soient de degré pair.
      Comme A et D sont de degré impair, il ne pourra pas revenir à son point de départ par un tel parcours.

2.

  1. La matrice $ M^3 $ donne le nombre de chemins de longueur 3 entre deux sommets.
    Considérons le nombre de chemins de longueur 3 reliant le sommet G (7ème ligne/colonne) à lui-même.
    Un chemin de longueur 3 de G à G est un cycle de longueur 3 passant par G. Or G n'est relié qu'à D et F, et il n'y a pas d'arête directe entre D et F. Il n'existe donc aucun triangle (cycle de longueur 3) passant par G.
    On doit donc avoir $ (M^3)_{7,7} = 0 $.
    C'est le cas pour les deux matrices N et T.

    Regardons alors le nombre de chemins de longueur 3 entre A (sommet 1) et G (sommet 7).
    Les chemins de longueur 3 sont de la forme A-X-Y-G.
    Comme G est relié à D et F, Y doit être D ou F.

    • Si Y = D : les voisins de D sont B, E, G. Donc X peut être B ou E. Or A est relié à B ($ A-B-D-G $) mais A n'est pas relié à E.
    • Si Y = F : les voisins de F sont A, C, E, G. Donc X peut être A, C ou E. Or A est relié à C ($ A-C-F-G $) mais A n'est pas relié à E.

    Il y a donc 2 chemins de longueur 3 entre A et G. La matrice $ M^3 $ doit avoir le coefficient 2 à la ligne 1, colonne 7.
    Il s'agit donc de la matrice N.

  2. Philippe est passé exactement deux fois devant une station entre F et E. Son trajet est donc composé de 3 liaisons (longueur 3).
    Le nombre de tels trajets est donné par le coefficient de la 6ème ligne (F) et 5ème colonne (E) de la matrice $ M^3 $, soit $ N_{6,5} $.
    D'après la matrice N, il y a 11 trajets différents.

3. Pour trouver le trajet le plus rapide de A vers G, on utilise l'algorithme de Dijkstra.

Sommets A B C D E F G Choix
Initialisation 0 $ \infty $ $ \infty $ $ \infty $ $ \infty $ $ \infty $ $ \infty $ A (0)
Étape 1   $ 7_A $ $ 11_A $ $ \infty $ $ \infty $ $ 13_A $ $ \infty $ B (7)
Étape 2     $ 11_A $ $ 23_B $ $ 21_B $ $ 13_A $ $ \infty $ C (11)
Étape 3       $ 23_B $ $ 20_C $ $ 13_A $ $ \infty $ F (13)
Étape 4       $ 23_B $ $ 20_C $   $ 31_F $ E (20)
Étape 5       $ 23_B $     $ 31_F $ D (23)
Étape 6             $ 28_D $ G (28)

Le trajet le plus court est donc A - B - D - G.
Le temps nécessaire pour l'effectuer est de 28 minutes.
[/list]