Vrai/Faux : Puissances de matrices

[enonce]
Pour chaque affirmation suivante sur les puissances d'une matrice, indiquer si elle est Vraie ou Fausse.
[/enonce]

[etape]
Affirmation : Pour toute matrice carrée $A$, on a $A^0 = A$.

[qcm]
[option]Vrai[/option]
[option correct="true"]Faux[/option]
[reponse statut="correct"]Tu as raison !
Par convention, $A^0 = I_p$ (matrice identité), pas $A$. C'est l'analogue de la convention $a^0 = 1$ pour les nombres : la « puissance zéro » donne l'élément neutre du produit.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non, cette affirmation est fausse.
Ne pas confondre avec $A^1 = A$. La puissance $0$ donne par convention l'identité $I_p$, ce qui rend cohérente la formule $A^{n+1} = A^n \times A$ même pour $n = 0$.[/reponse]
[/qcm]

[solution]
Cette affirmation est fausse. Par convention, $A^0 = I_p$, et non $A$.
[/solution]
[/etape]

[etape]
Affirmation : Si $D = \begin{pmatrix} 4 & 0 \\ 0 & 7 \end{pmatrix}$, alors $D^3 = \begin{pmatrix} 64 & 0 \\ 0 & 343 \end{pmatrix}$.

[qcm]
[option correct="true"]Vrai[/option]
[option]Faux[/option]
[reponse statut="correct"]Bonne réponse !
Pour une matrice diagonale, la puissance $n$-ième s'obtient en élevant chaque coefficient diagonal à la puissance $n$ : $4^3 = 64$ et $7^3 = 343$.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non, cette affirmation est vraie.
Vérifier : pour une matrice diagonale, le produit matriciel se simplifie énormément. Chaque coefficient diagonal s'élève indépendamment à la puissance $n$.[/reponse]
[/qcm]

[solution]
Cette affirmation est vraie. Pour une matrice diagonale, $D^n$ s'obtient en élevant chaque coefficient diagonal à la puissance $n$.
[/solution]
[/etape]

[etape]
Affirmation : Pour toutes matrices carrées $A$ et $B$ de même ordre, on a $\left(A\,B\right)^2 = A^2\,B^2$.

[qcm]
[option]Vrai[/option]
[option correct="true"]Faux[/option]
[reponse statut="correct"]Exactement !
La multiplication matricielle n'est pas commutative en général. On a $\left(A\,B\right)^2 = A\,B\,A\,B$, qu'on ne peut simplifier en $A^2\,B^2$ que si $A\,B = B\,A$.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non, cette affirmation est fausse.
Le piège est de raisonner comme avec des nombres. Pour les matrices, l'égalité $A\,B = B\,A$ n'est pas garantie, et c'est elle qui permettrait d'écrire $\left(A\,B\right)^2 = A^2\,B^2$.[/reponse]
[/qcm]

[solution]
Cette affirmation est fausse. En général, $\left(A\,B\right)^2 = A\,B\,A\,B \ne A^2\,B^2$ car les matrices ne commutent pas en général.
[/solution]
[/etape]

[etape]
Affirmation : Si $A = \begin{pmatrix} 0{,}9 & 0 \\ 0 & 0{,}5 \end{pmatrix}$, alors $A^n$ tend vers la matrice nulle quand $n \to +\infty$.

[qcm]
[option correct="true"]Vrai[/option]
[option]Faux[/option]
[reponse statut="correct"]Bravo !
$A$ étant diagonale, $A^n = \begin{pmatrix} 0{,}9^n & 0 \\ 0 & 0{,}5^n \end{pmatrix}$. Comme $0{,}9 < 1$ et $0{,}5 < 1$, leurs puissances tendent vers $0$, donc $A^n$ tend vers la matrice nulle.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non, cette affirmation est vraie.
Quand un nombre est entre $0$ et $1$ strictement, ses puissances tendent vers $0$. C'est aussi vrai dans le cas matriciel diagonal : chaque coefficient diagonal converge vers $0$.[/reponse]
[/qcm]

[solution]
Cette affirmation est vraie. Les coefficients diagonaux sont strictement compris entre $0$ et $1$, donc leurs puissances tendent vers $0$.
[/solution]
[/etape]

[etape]
Affirmation : Pour toute matrice carrée $A$, $A^p \times A^q = A^{p+q}$.

[qcm]
[option correct="true"]Vrai[/option]
[option]Faux[/option]
[reponse statut="correct"]C'est bien ça !
Le produit $A^p \times A^q = \underbrace{A \times \cdots \times A}_{p \text{ fois}} \times \underbrace{A \times \cdots \times A}_{q \text{ fois}}$ se simplifie en $A^{p+q}$, comme pour les puissances de nombres. Cette propriété ne demande pas la commutativité (chaque facteur est la même matrice $A$).[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non, cette affirmation est vraie.
La règle « $A^p \times A^q = A^{p+q}$ » s'applique aux puissances d'une même matrice : tous les facteurs sont $A$, donc l'ordre n'a pas d'importance et on peut compter les exposants.[/reponse]
[/qcm]

[solution]
Cette affirmation est vraie. La règle $A^p \times A^q = A^{p+q}$ est valable pour toute matrice carrée.
[/solution]
[/etape]

[etape]
Affirmation : Si $A = \begin{pmatrix} 1 & 1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}$, alors $A^n = \begin{pmatrix} 1 & n \\ 0 & 1 \end{pmatrix}$ pour tout entier $n \geqslant 0$.

[qcm]
[option correct="true"]Vrai[/option]
[option]Faux[/option]
[reponse statut="correct"]Tout à fait !
On le démontre par récurrence. Initialisation : $A^0 = I_2 = \begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}$, ce qui correspond à la formule pour $n = 0$. Hérédité : $A^{n+1} = A^n \times A = \begin{pmatrix} 1 & n \\ 0 & 1 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} 1 & 1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 1 & n + 1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}$.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non, cette affirmation est vraie.
Tester sur des petites valeurs : $A^1 = A$ donne bien $\begin{pmatrix} 1 & 1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}$ ; $A^2 = \begin{pmatrix} 1 & 2 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}$. La progression est claire et la récurrence se vérifie facilement.[/reponse]
[/qcm]

[solution]
Cette affirmation est vraie. Une démonstration par récurrence donne $A^n = \begin{pmatrix} 1 & n \\ 0 & 1 \end{pmatrix}$.
[/solution]
[/etape]

QCM Bilan : Suites et matrices

[enonce]
Ce QCM bilan couvre l'ensemble du chapitre : suites de matrices colonnes, suites couplées, chaînes de Markov et distribution invariante. Choisir la bonne réponse parmi les quatre propositions.
[/enonce]

[etape]
Soit $A = \begin{pmatrix} 3 & 0 \\ 0 & \dfrac{1}{2} \end{pmatrix}$ et $U_0 = \begin{pmatrix} 2 \\ 8 \end{pmatrix}$ avec $U_{n+1} = A\,U_n$. Quelle est l'expression de $U_n$ ?
[qcm]
[option]$\begin{pmatrix} 2\times 3^n \\ 8\times 2^n \end{pmatrix}$[/option]
[option correct="true"]$\begin{pmatrix} 2\times 3^n \\ 8\times \left(\dfrac{1}{2}\right)^n \end{pmatrix}$[/option]
[option]$\begin{pmatrix} 3^n \\ \left(\dfrac{1}{2}\right)^n \end{pmatrix}$[/option]
[option]$\begin{pmatrix} 2 \\ 8 \end{pmatrix}$[/option]
[reponse statut="correct"]Tu as raison !
$A$ étant diagonale, $A^n = \begin{pmatrix} 3^n & 0 \\ 0 & \left(\dfrac{1}{2}\right)^n \end{pmatrix}$. Donc $U_n = A^n\,U_0 = \begin{pmatrix} 2\times 3^n \\ 8\times \left(\dfrac{1}{2}\right)^n \end{pmatrix}$.[/reponse]
[reponse motif="$\begin{pmatrix} 2\times 3^n \\ 8\times 2^n \end{pmatrix}$"]Non.
Erreur sur le coefficient diagonal $\dfrac{1}{2}$ : sa puissance $n$ vaut $\left(\dfrac{1}{2}\right)^n = \dfrac{1}{2^n}$, et non $2^n$. La suite décroît, elle ne croît pas.[/reponse]
[reponse motif="$\begin{pmatrix} 3^n \\ \left(\dfrac{1}{2}\right)^n \end{pmatrix}$"]Non.
Le facteur multiplicatif $U_0$ a été oublié. La formule générale est $U_n = A^n\,U_0$ : il faut multiplier $A^n$ par les coordonnées de $U_0$.[/reponse]
[reponse motif="$\begin{pmatrix} 2 \\ 8 \end{pmatrix}$"]Non.
Cela serait $U_0$, ce qui contredit la récurrence (la matrice $A$ n'est pas l'identité). Il faut tenir compte des puissances.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Pour une matrice diagonale, les puissances et le produit par $U_0$ s'enchaînent simplement.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
On considère la chaîne de Markov de matrice $P = \begin{pmatrix} 0{,}5 & 0{,}5 \\ 0{,}5 & 0{,}5 \end{pmatrix}$ avec $X_0 = \begin{pmatrix} 1 & 0 \end{pmatrix}$. Que vaut $X_2$ ?
[qcm]
[option]$\begin{pmatrix} 1 & 0 \end{pmatrix}$[/option]
[option correct="true"]$\begin{pmatrix} 0{,}5 & 0{,}5 \end{pmatrix}$[/option]
[option]$\begin{pmatrix} 0{,}25 & 0{,}75 \end{pmatrix}$[/option]
[option]$\begin{pmatrix} 0 & 1 \end{pmatrix}$[/option]
[reponse statut="correct"]Bonne réponse !
$X_1 = X_0\,P = \begin{pmatrix} 0{,}5 & 0{,}5 \end{pmatrix}$, puis $X_2 = X_1\,P = \begin{pmatrix} 0{,}5 \times 0{,}5 + 0{,}5 \times 0{,}5 & 0{,}5 \times 0{,}5 + 0{,}5 \times 0{,}5 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0{,}5 & 0{,}5 \end{pmatrix}$.[/reponse]
[reponse motif="$\begin{pmatrix} 1 & 0 \end{pmatrix}$"]Non.
Cela signifierait que la chaîne reste figée, ce qui n'est pas cohérent avec une matrice de transition non triviale (les coefficients hors diagonale sont non nuls).[/reponse]
[reponse motif="$\begin{pmatrix} 0{,}25 & 0{,}75 \end{pmatrix}$"]Non.
Erreur de calcul : $X_2$ a deux coordonnées de somme $1$, mais ici l'égalité des deux composantes vient de la symétrie de $P$. Refaire le produit ligne par colonne.[/reponse]
[reponse motif="$\begin{pmatrix} 0 & 1 \end{pmatrix}$"]Non.
Cela serait $X_0$ en partant de l'état $2$, ce qui n'est pas le cas. Reprendre le calcul $X_2 = X_0\,P^2$ avec $X_0 = \begin{pmatrix} 1 & 0 \end{pmatrix}$.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Pour cette matrice de transition « équilibrée », $X_n$ se stabilise rapidement à $\begin{pmatrix} 0{,}5 & 0{,}5 \end{pmatrix}$ dès $n = 1$.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
Soit la suite définie par $U_{n+1} = A\,U_n + C$ avec $A = \begin{pmatrix} \dfrac{1}{2} & 0 \\ 0 & \dfrac{1}{2} \end{pmatrix}$ et $C = \begin{pmatrix} 1 \\ 2 \end{pmatrix}$. Que vaut le point fixe $L$ ?
[qcm]
[option]$\begin{pmatrix} 1 \\ 2 \end{pmatrix}$[/option]
[option correct="true"]$\begin{pmatrix} 2 \\ 4 \end{pmatrix}$[/option]
[option]$\begin{pmatrix} \dfrac{1}{2} \\ 1 \end{pmatrix}$[/option]
[option]$\begin{pmatrix} 0 \\ 0 \end{pmatrix}$[/option]
[reponse statut="correct"]Bravo !
On résout $L = A\,L + C$, soit $\begin{cases} x = \dfrac{1}{2}x + 1 \\ y = \dfrac{1}{2}y + 2 \end{cases}$, ce qui donne $\dfrac{1}{2}x = 1$ et $\dfrac{1}{2}y = 2$, d'où $x = 2$ et $y = 4$.[/reponse]
[reponse motif="$\begin{pmatrix} 1 \\ 2 \end{pmatrix}$"]Non.
$\begin{pmatrix} 1 \\ 2 \end{pmatrix}$ est la matrice $C$, pas $L$. Vérifier en calculant $A\,L + C$ : si $L = C$, on obtiendrait $L = A\,C + C \ne C$.[/reponse]
[reponse motif="$\begin{pmatrix} \dfrac{1}{2} \\ 1 \end{pmatrix}$"]Non.
Cette valeur est $A\,C$, pas le point fixe. Bien isoler $L$ dans l'équation $L - A\,L = C$.[/reponse]
[reponse motif="$\begin{pmatrix} 0 \\ 0 \end{pmatrix}$"]Non.
La matrice nulle ne vérifie pas l'équation : $A \times 0 + C = C \ne 0$. Donc $0$ n'est pas un point fixe ici.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Résoudre $L = A\,L + C$ : on obtient $L = \begin{pmatrix} 2 \\ 4 \end{pmatrix}$.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
Pour $P = \begin{pmatrix} 0{,}9 & 0{,}1 \\ 0{,}3 & 0{,}7 \end{pmatrix}$, quelle est la distribution invariante ?
[qcm]
[option]$\begin{pmatrix} 0{,}5 & 0{,}5 \end{pmatrix}$[/option]
[option correct="true"]$\begin{pmatrix} 0{,}75 & 0{,}25 \end{pmatrix}$[/option]
[option]$\begin{pmatrix} 0{,}9 & 0{,}1 \end{pmatrix}$[/option]
[option]$\begin{pmatrix} 0{,}25 & 0{,}75 \end{pmatrix}$[/option]
[reponse statut="correct"]Exactement !
On résout $X\,P = X$ avec $X = \begin{pmatrix} a & b \end{pmatrix}$ : $0{,}9\,a + 0{,}3\,b = a$ donne $0{,}3\,b = 0{,}1\,a$, soit $b = \dfrac{a}{3}$. Avec $a + b = 1$, $a + \dfrac{a}{3} = 1$, donc $a = \dfrac{3}{4} = 0{,}75$ et $b = 0{,}25$.[/reponse]
[reponse motif="$\begin{pmatrix} 0{,}5 & 0{,}5 \end{pmatrix}$"]Non.
La distribution équilibrée n'est pas invariante en général. Vérifier : $\begin{pmatrix} 0{,}5 & 0{,}5 \end{pmatrix} \times P = \begin{pmatrix} 0{,}6 & 0{,}4 \end{pmatrix} \ne \begin{pmatrix} 0{,}5 & 0{,}5 \end{pmatrix}$.[/reponse]
[reponse motif="$\begin{pmatrix} 0{,}9 & 0{,}1 \end{pmatrix}$"]Non.
La première ligne de $P$ n'est pas la distribution invariante. Bien résoudre le système $X\,P = X$ avec la condition $a + b = 1$.[/reponse]
[reponse motif="$\begin{pmatrix} 0{,}25 & 0{,}75 \end{pmatrix}$"]Non.
Inversion entre $a$ et $b$ : la coordonnée associée à l'état $1$ (où le « rester » est plus probable, $0{,}9$) doit être plus grande, pas plus petite.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Résoudre le système donne $X = \begin{pmatrix} 0{,}75 & 0{,}25 \end{pmatrix}$.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
Soit $P$ la matrice de transition d'une chaîne de Markov à $3$ états. Combien de coefficients indépendants suffit-il pour la déterminer entièrement ?
[qcm]
[option]$9$[/option]
[option]$3$[/option]
[option correct="true"]$6$[/option]
[option]$2$[/option]
[reponse statut="correct"]Tout à fait !
$P$ est une matrice $3 \times 3$, soit $9$ coefficients. Mais chaque ligne doit sommer à $1$ : cela donne $3$ contraintes indépendantes (une par ligne). Reste donc $9 - 3 = 6$ coefficients libres.[/reponse]
[reponse motif="$9$"]Non.
Cela ne tient pas compte des contraintes de somme par ligne (égales à $1$), qui réduisent le nombre de coefficients libres.[/reponse]
[reponse motif="$3$"]Non.
Trois coefficients seraient insuffisants pour décrire toutes les transitions entre $3$ états. Compter les contraintes : il y en a $3$ (une par ligne) sur les $9$ coefficients.[/reponse]
[reponse motif="$2$"]Non.
$2$ coefficients suffiraient pour une chaîne à $2$ états (où il y a $4$ coefficients et $2$ contraintes). Pour $3$ états, le décompte est $9 - 3 = 6$.[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Sur $9$ coefficients, $3$ sont déterminés par la contrainte « somme de la ligne = $1$ » : il reste $6$ coefficients indépendants.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

[etape]
Soit $P$ une matrice de transition à coefficients tous strictement positifs. La suite $\left(X_n\right)$ converge vers la distribution invariante $X$. Cette limite dépend-elle de la distribution initiale $X_0$ ?
[qcm]
[option]Oui, fortement.[/option]
[option correct="true"]Non, elle est indépendante de $X_0$.[/option]
[option]Cela dépend de la matrice $P$, pas de $X_0$.[/option]
[option]Cela dépend du nombre d'étapes considérées.[/option]
[reponse statut="correct"]C'est bien ça !
Lorsque tous les coefficients de $P$ sont strictement positifs, la limite de $\left(X_n\right)$ est l'unique distribution invariante de $P$, qui ne dépend que de $P$ et pas de $X_0$.[/reponse]
[reponse motif="Oui, fortement."]Non.
À court terme, $X_n$ dépend de $X_0$. Mais sous l'hypothèse de positivité stricte, l'effet de $X_0$ s'estompe complètement à long terme.[/reponse]
[reponse motif="Cela dépend de la matrice $P$, pas de $X_0$."]Pas tout à fait.
La limite dépend bien de $P$ (qui détermine la distribution invariante), mais l'option correcte va plus loin : dans le cadre des coefficients tous strictement positifs, elle est indépendante de $X_0$.[/reponse]
[reponse motif="Cela dépend du nombre d'étapes considérées."]Non.
La « limite » est par définition la valeur atteinte quand $n \to +\infty$ : elle ne dépend pas du nombre fini d'étapes, mais de la matrice $P$ (et pas de $X_0$ sous nos hypothèses).[/reponse]
[reponse statut="incorrect"]Non.
Sous l'hypothèse que tous les coefficients de $P$ sont strictement positifs, la limite est indépendante de $X_0$.[/reponse]
[/qcm]
[/etape]

Suites et matrices – Bac S Pondichéry 2017 (spé)

(5 points) - Candidats ayant suivi l'enseignement de spécialité On définit les suites $ \left(u_n\right) $ et $ \left(v_n\right) $ par :

$ u_0 = v_0 = 1 $

et, pour tout entier naturel $ n $ :

$ u_{n+1} = 2u_n+3v_n $

et $ v_{n+1} = 2u_n+v_n $

On admettra que les termes de ces suites sont des entiers naturels non nuls.

Partie A

Conjectures

Flore a calculé les premiers termes des suites à l'aide d'un tableur.

Une copie d'écran est donnée ci-dessous.

Bac S Pondichéry 2017 Spé Tableur 1
  1. Quelles formules ont été entrées dans les cellules B3 et C3 pour obtenir par copie vers le bas les termes des suites ?
  2. Soit $ n $ un entier naturel.

    Conjecturer la valeur de PGCD$ \left(u_n~;~v_n\right) $. Aucune justification n'est demandée.

  3. Pour les termes de rang 10, 11, 12 et 13 Flore obtient les résultats suivants :

    Bac S Pondichéry 2017 Spé Tableur 2

    Elle émet la conjecture : « la suite $ \left(\dfrac{u_n}{v_n} \right) $ converge ».

    Qu'en penser ?

Partie B

Étude arithmétique

  1. Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel $ n $, on a :

    $ 2u_n - 3v_n = (-1)^{n+1} $.

  2. Soit $ n $ un entier naturel.

    Déduire de la question précédente la valeur de PGCD$ \left(u_n~;~v_n\right) $.

Partie C

Étude matricielle Pour tout entier naturel $ n $, on définit :

  • $ X_n = \begin{pmatrix}u_n \\ v_n\end{pmatrix} $,
  • $ P = \begin{pmatrix} 1&3 \\ -1&2\end{pmatrix} $ et $ Q_n = \begin{pmatrix}(-1)^n&3 \times 2^{2n}\\(-1)^{n+1}&2^{2n+1}\end{pmatrix} $.
    1. Montrer que la matrice $ \dfrac{1}{5}\begin{pmatrix}2& -3\\1&1\end{pmatrix} $ est l'inverse de $ P $.
    2. On admet que, pour tout entier naturel $ n $, on a $ X_n = Q_nP^{-1} X_0 $.

      Démontrer que, pour tout entier naturel $ n $, on a $ \left\{\begin{array}{l c l} u_n&=&\dfrac{(-1)^{n+1}+ 3\times 2^{2n+1}}{5} \\ \\ v_n&=&\dfrac{(-1)^{n}+ 2^{2n+2}}{5} \end{array}\right. $

    1. Vérifier que, pour tout entier naturel $ n $, on a $ \dfrac{u_n}{v_n}= \dfrac{\dfrac{(-1)^{n+1}}{2^{2n+1}}+ 3}{\dfrac{(-1)^{n}}{2^{2n+1}}+ 2} $.
    2. En déduire la limite de la suite $ \left(\dfrac{u_n}{v_n} \right) $.

Corrigé

Partie A

  1. Les formules à saisir sont :
  2. Dans la cellule B3 : =2*B2+3*C2
  3. Dans la cellule C3 : =2*B2+C2
  4. Au vu des premiers termes, on peut conjecturer que $ \text{PGCD}(u_n~;~v_n) = 1 $ pour tout entier naturel $ n $.
  5. Le tableau montre que pour

    $ n=13 $, $ \dfrac{u_{13}}{v_{13}} \approx 1{,}5000000 $.

    La suite $ \left(\dfrac{u_{n}}{v_{n}}\right) $ semble effectivement converger vers $ 1{,}5 $ (ou $ \dfrac{3}{2} $).

Partie B

  1. Soit $ \mathcal{P}_n $ la propriété : $ 2u_n - 3v_n = (-1)^{n+1} $.

    Initialisation :
    Pour $ n = 0 $ : $ 2u_0 - 3v_0 = 2(1) - 3(1) = -1 $ et $ (-1)^{0+1} = -1 $.
    La propriété est vraie au rang $ 0 $.

    Hérédité :
    Supposons que pour un entier $ n \geqslant 0 $, $ 2u_n - 3v_n = (-1)^{n+1} $.
    Calculons $ 2u_{n+1} - 3v_{n+1} $ :
    $ 2u_{n+1} - 3v_{n+1} = 2(2u_n + 3v_n) - 3(2u_n + v_n) $
    $ 2u_{n+1} - 3v_{n+1} = 4u_n + 6v_n - 6u_n - 3v_n $
    $ 2u_{n+1} - 3v_{n+1} = -2u_n + 3v_n $
    $ 2u_{n+1} - 3v_{n+1} = -(2u_n - 3v_n) $
    D'après l'hypothèse de récurrence :
    $ 2u_{n+1} - 3v_{n+1} = -(-1)^{n+1} = (-1)^{n+2} $.
    La propriété est donc vraie au rang $ n+1 $.

    Conclusion :
    La propriété est vraie pour $ n=0 $ et est héréditaire, donc pour tout entier naturel $ n $, $ 2u_n - 3v_n = (-1)^{n+1} $.

  2. D'après la question précédente, on a la relation de Bézout :
    $ 2u_n - 3v_n = \pm 1 $
    Cela implique que $ 1 $ est une combinaison linéaire entière de $ u_n $ et $ v_n $.
    D'après le théorème de Bézout, $ u_n $ et $ v_n $ sont premiers entre eux.
    Ainsi, PGCD$ (u_n~;~v_n) = 1 $ .

Partie C

    1. Nommons

      $ M = \dfrac{1}{5}\begin{pmatrix}2& -3\\1&1\end{pmatrix} $.

      Calculons $ M \times P $ :

      $ M \times P = \dfrac{1}{5}\begin{pmatrix}2 & -3 \\ 1 & 1\end{pmatrix} \begin{pmatrix}1 & 3 \\ -1 & 2\end{pmatrix} = \dfrac{1}{5}\begin{pmatrix}2(1)+(-3)(-1) & 2(3)+(-3)(2) \\ 1(1)+1(-1) & 1(3)+1(2)\end{pmatrix} $

      $ M \times P = \dfrac{1}{5}\begin{pmatrix}5 & 0 \\ 0 & 5\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}1 & 0 \\ 0 & 1\end{pmatrix} = I_2 $

      Donc la matrice donnée est bien l'inverse de $ P $.

    2. On a $ X_n = Q_n P^{-1} X_0 $. Or

      $ X_0 = \begin{pmatrix}1 \\ 1\end{pmatrix} $.

      Calculons $ P^{-1} X_0 $ :

      $ P^{-1} X_0 = \dfrac{1}{5}\begin{pmatrix}2 & -3 \\ 1 & 1\end{pmatrix} \begin{pmatrix}1 \\ 1\end{pmatrix} = \dfrac{1}{5} \begin{pmatrix}-1 \\ 2\end{pmatrix} $

      Maintenant calculons $ X_n = Q_n \begin{pmatrix}-1/5 \\ 2/5\end{pmatrix} $ :

      $ X_n = \begin{pmatrix}(-1)^n & 3 \times 2^{2n} \\ (-1)^{n+1} & 2^{2n+1}\end{pmatrix} \begin{pmatrix}-1/5 \\ 2/5\end{pmatrix} $

      $ u_n = (-1)^n \times \left(-\dfrac{1}{5}\right) + (3 \times 2^{2n}) \times \dfrac{2}{5} = \dfrac{-(-1)^n + 3 \times 2^{2n+1}}{5} = \dfrac{(-1)^{n+1} + 3 \times 2^{2n+1}}{5} $

      $ v_n = (-1)^{n+1} \times \left(-\dfrac{1}{5}\right) + (2^{2n+1}) \times \dfrac{2}{5} = \dfrac{-(-1)^{n+1} + 2^{2n+2}}{5} = \dfrac{(-1)^{n} + 2^{2n+2}}{5} $

      On retrouve bien les expressions demandées.

    1. En partant de l'expression de $ u_n $ et $ v_n $ et en factorisant par $ 2^{2n+1} $ :

      $ \dfrac{u_n}{v_n} = \dfrac{\dfrac{(-1)^{n+1} + 3 \times 2^{2n+1}}{5}}{\dfrac{(-1)^{n} + 2^{2n+2}}{5}} = \dfrac{(-1)^{n+1} + 3 \times 2^{2n+1}}{(-1)^{n} + 2 \times 2^{2n+1}} $

      En divisant le numérateur et le dénominateur par $ 2^{2n+1} $, on obtient:

      $ \dfrac{u_{n}}{v_{n}} = \dfrac{\dfrac{(-1)^{n+1}}{2^{2n+1}} + 3}{\dfrac{(-1)^{n}}{2^{2n+1}} + 2} $
    2. Les numérateurs $ (-1)^{n+1} $ et $ (-1)^{n} $ sont bornés (ils valent $ \pm 1 $), tandis que le dénominateur $ 2^{2n+1} $ tend vers $ +\infty $. Le quotient d'une quantité bornée par une quantité qui tend vers $ +\infty $ tend vers $ 0 $, donc
      $ \lim\limits_{n \to +\infty} \dfrac{(-1)^{n+1}}{2^{2n+1}} = 0 $ et $ \lim\limits_{n \to +\infty} \dfrac{(-1)^{n}}{2^{2n+1}} = 0 $.

      Par quotient des limites :

      $ \lim\limits_{n \to +\infty} \dfrac{u_n}{v_n} = \dfrac{0+3}{0+2} = \dfrac{3}{2} = 1{,}5 $

      Ceci confirme la conjecture de la partie A.